Retour des fondateurs aux commandes d'Adecco

La crise est terminée. Adecco a enfin renoué avec ses actionnaires, à l'occasion de son assemblée générale. Cette réunion, qui s'est tenue ce matin à Lausanne, a cependant été marquée par la refonte du conseil d'administration du groupe franco-suisse.Les actionnaires d'Adecco ont ainsi approuvé l'élection au conseil du directeur général de KPMG Suisse, Jakob Baer, du PDG du groupe industriel ABB, Juergen Dormann, du PDG d'Adecco France, Philippe Marcel, de l'ancien ministre français des Finances Francis Mer, des administrateurs indépendants Thomas O'Neill et David Prince, ainsi que de Peter Ueberroth, membre du conseil de Coca-Cola. La refonte de l'organisation s'est poursuivie après l'assemblée. A l'issue de la réunion, le Français Philippe Foriel-Destezet et le Suisse Klaus Jacobs ont été nommés tous deux co-présidents du groupe, en remplacement de John Bowmer, démissionnaire.Les deux administrateurs et actionnaires de référence du groupe, également fondateurs de l'helvétique Adia et de la société française Ecco, qui ont fusionnés en 1996 pour créer le numéro un mondial du secteur, avaient très clairement affiché leur souhait commun de reprendre les rênes de la société. De fait, huit ans après la fusion de leurs groupes, les deux hommes d'affaires, qui détiennent à eux deux 30% du capital de la société, reviennent aux commandes... En attendant de trouver un candidat idéal pour le poste.Un tel remaniement de la direction du groupe s'imposait, alors que l'ancien conseil a été montré du doigt par son manque de "diligence et sa communication calamiteuse", selon des actionnaires, dans sa gestion de la crise intervenue en début d'année. En effet, le numéro un mondial de l'intérim s'était effondré en Bourse, le 12 janvier dernier, alors qu'il avait reporté la publication de son résultat annuel en raison de problèmes comptables identifiés dans sa filiale américaine. Le titre avait alors dégringolé en une seule séance de plus de 40%. Le groupe avait contribué à paniquer les marchés en se disant incapable de prévoir une date pour la publication de ses résultats annuels en raison de "faiblesses" dans le système de traitement comptable de sa filiale américaine.Après cinq mois de lourdes et onéreuses enquêtes comptables, la crise s'est ensuite transformée en fausse alerte: aucune anomalie notable n'a été trouvée...L'assemblée générale du groupe d'aujourd'hui a donc fini de laver Adecco de toute trace de scandale. Cependant, le fonds de pension suisse Ethos, actionnaire du groupe, a émis des critiques violentes à l'égard du conseil, et s'est notamment opposé à ce que l'assemblée lui accorde son quitus pour l'exercice passé. Le fonds a mis en avant le coût colossal engendré par l'audit interne en 2003. "Nous sommes très frustrés par le temps et par les coûts que le processus d'audit a créés. Nous regrettons tous ce qui s'est passé. Les coûts sont équivalents à 12 années d'audit ordinaire", a reconnu le président du groupe John Bowmer. En effet, la recherche d'anomalies comptables a coûté plus de 100 millions d'euros au groupe, au lieu de 8 millions d'euros de frais par an. Adecco a donc dû passer 36 millions d'euros de provision sur son premier trimestre 2004. Le résultat net en a été lourdement affecté : il a été plus que divisé par deux sur les trois premiers mois de 2004, à 30 millions d'euros, contre 64 millions d'euros en 2003. Et la rentabilité du groupe sur l'ensemble de l'année sera touchée par ces éléments aussi lourds que non récurrents.A la Bourse de Zurich, le titre Adecco a perdu à la côture 1,41% de sa valeur à 62,75 francs suisses. Depuis le premier janvier, l'action cède encore 20%.

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