Services bancaires : SBU contre SBB

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Il existe déjà en France un service de base bancaire (SBB), mais pour le gouvernement ce n'est pas suffisant. Dominique de Villepin l'a récemment annoncé, il souhaite l'instauration d'une service de base universel (SBU). SBB contre SBU, quelle différence? C'est la question à laquelle banquiers et associations de consommateurs vont essayer de répondre aujourd'hui à l'occasion d'une réunion du Comité consultatif des services financiers, une instance souvent sollicitée ces derniers temps. Le service de base bancaire permet à tous ceux qui se sont vus refuser l'ouverture d'un compte par deux banques d'obtenir tout de même un compte, après intervention de la Banque de France. Ce passage par la banque centrale constituerait un frein à la mise en oeuvre de ce mécanisme. Ce que l'on veut bien croire, même si les banques ont accepté de communiquer sur cette procédure. Comment, en effet, imaginer qu'une personne démunie, voire en situation d'exclusion, frappe comme si de rien n'était à la porte de la Banque de France? Le service bancaire universel, ce pourrait donc être un SBB sans passer par la case Banque de France. Seulement, si on se limite à cette seule modification, l'objectif visé risque bien de ne pas être atteint. Car il ne s'agit pas seulement d'obtenir un compte mais aussi de le faire fonctionner de façon normale. Or ceci n'est pas gratuit. La question à laquelle banquiers et consommateurs devront répondre est de savoir quels services seront associés au fameux SBU et à quel prix. Le SBB est gratuit, mais pauvre en prestations. Un SBU devra être plus fourni mais les banques, qui sont des entreprises commerciales rappelons-le, ne sont pas disposées à brader leurs services. Ou alors il faudrait accepter l'idée que les services bancaires relèvent d'une façon ou d'une autre d'un service public. Au delà des principes, il ne faut pas perdre de vue que les banques françaises sont riches et il leur sera difficile de ne pas contribuer elles aussi à la lutte contre l'exclusion. Elles ont déjà fait un pas en proposant à leur clientèle la plus modeste un "package" de moyens de paiement à prix réduit. Sans doute devront-elles aller plus loin. Elles s'honoreraient à le faire.

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