Alan Greenspan s'inquiète du déficit budgétaire américain

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Intervenant devant la commission budgétaire de la Chambre des Représentants, le président de la Fed, Alan Greenspan, s'est dit inquiet de la dérive des comptes budgétaires des Etats-Unis. Outre la situation actuelle préoccupante - les Etats-Unis ont enregistré un déficit budgétaire record en 2004 à 413 milliards de dollars, le président de la Réserve fédérale redoute que la situation soit intenable d'ici quelques années, alors que le départ en retraite de la génération des baby boomers approche et que le vieillissement et l'allongement de la durée de vie de la population devraient fortement peser sur les comptes de la santé publique. "L'incertitude sur les dépenses médicales futures est impressionnante", a-t-il ajouté."Les perspectives économiques positives à court terme sont obscurcies par un ensemble d'inquiétudes concernant l'avenir du budget, surtout à long terme. A moins que des mesures majeures soient entreprises pour réduire le déficit, notre position budgétaire ne devrait pas beaucoup s'améliorer dans les années à venir", a précisé Alan Greenspan.Il rejette l'idée qu'une hausse des impôts pourrait constituer une solution au problème, le recours à l'outil fiscal pouvant entraver la croissance de la première économie du monde. Il a également déclaré qu'il était "illusoire de croire que la productivité réussira à régler l'essentiel du problème". Pour parer au creusement du déficit budgétaire fédéral, qui pour l'instant est inéluctable, Alan Greenspan plaide pour la mise en place de comptes d'épargne retraite privés. Une mesure déjà prônée par l'administration Bush. Il a également émis l'idée d'équilibrer chaque dépense par une recette correspondante, une règle simple de gestion abandonnée depuis quelques années, l'administration Bush utilisant l'arme budgétaire - allègements d'impôts destinés à stimuler la consommation des ménages et mesures de soutien fiscal à l'investissement des entreprises - pour relancer et soutenir la croissance américaine."Alan Greenspan tire la sonnette d'alarme. De cette façon, par un discours plutôt offensif, il indique au gouverment fédéral que ses efforts pour réduire le déficit budgétaire sont encore largements insuffisants pour avoir des effets à court ou moyen terme", explique Marie-Pierre Ripert chez Ixis CIB. Pour mémoire, George W. Bush a présenté devant le Congrès un projet de budget fédéral 2006 en nette diminution par rapport à celui fixé pour cette année. Grâce à une baisse des dépenses dans la quasi-totalité des administrations, exceptées la défense et la sécurité publique, le déficit devrait diminuer de 9,5% à 390 milliards de dollars (voir ci-contre), contre 427 milliards en 2005.

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