Les PDG américains frappés par la précarité...

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Philip Purcell, le PDG de la banque américaine Morgan Stanley, est le dernier d'une longue série. S'il a fini par jeter l'éponge la semaine dernière en annonçant sa démission, il n'est pas le seul à avoir dû quitter le bateau ces derniers temps. En fait, soixante-quatre PDG d'entreprises répertoriées par le magazine Fortune ont dû partir depuis le début de cette année, contre trente-neuf sur la même période en 2004 et quinze en 2003. De son côté, le cabinet de recrutement Challenger, Gray & Christmas note que sur le seul mois de mai, 120 entreprises américaines, petites ou grandes, ont cherché un remplaçant pour leur PDG, contre seulement cinquante-sept en mai 2004. Si, au total, le cabinet souligne que 561 PDG américains ont plié bagage depuis le début de l'année, contre 663 en 2004, l'affaire n'est tout de même pas anodine. D'autant que la "durée de vie" des PDG semble se raccourcir. Alors que dans le passé, certains restaient plus de dix ans à la tête d'une des 500 plus grandes entreprise du classement Fortune, nombreux sont ceux (60%) qui s'en vont désormais au bout d'une moyenne de six ans. Bref, le poste de PDG, comme le dit le cabinet Booz Allen, cité par le quotidien USA Today, est un travail on ne peut plus temporaire! Que se passe-t-il donc? Les spécialistes apportent diverses réponses à cette valse des PDG. Pour certains, il est clair que les conseils d'administration réagissent plus vite qu'auparavant en cas de difficulté de l'entreprise, et n'hésitent plus, contrairement au passé, à demander le départ du patron, de peur d'être accusés de passivité par les actionnaires. Mais au delà de cette plus grande rigueur, d'autres observateurs font remarquer que la vague d'introduction en Bourse des années 1990 a créé de fait des centaines de postes de PDG plus en vue qu'avant. Et ceux qui ont pris les rênes de ces entreprises n'étaient pas forcément qualifiés pour le faire. Ce qui pose une autre question puisque, si certains PDG se hissent à la force du poignet au poste de numéro un, d'autres sont recrutés par des chasseurs de tête. Ces cabinets feraient-ils donc du mauvais travail, en faisant des erreurs de casting? Peut-être. Reste que dans un cas comme dans celui de Morgan Stanley, il leur faut trouver la perle rare...

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