Israël intensifie ses raids sur le Liban

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L'armée israélienne intensifie encore ses raids sur le Liban et a reconnu pour la première fois, depuis le début de l'offensive il y a huit jours, mener des opérations terrestres. Ces attaques sanglantes ont déjà fait 309 morts dont 279 civils dans le camp libanais. Des milliers de personnes tentent actuellement de fuir les zones à risques, laissant craindre une crise sanitaire.

Au huitième jour de l'offensive israélienne contre le Liban, déclenchée suite à la capture de deux soldats israéliens par le Hezbollah et la mort de huit autres à la frontière le 12 juillet dernier, tout espoir d'un cessez-le-feu immédiat s'est envolé. L'armée israélienne a indiqué qu'elle poursuivra pendant "encore au moins une semaine" son offensive contre le Liban. Israël profite de l'appui sans faille des États-Unis qui refusent d'en appeler à un arrêt des combats, accusant la Syrie de vouloir revenir au Liban via son soutien au Hezbollah. La Syrie avait en effet dû retirer ses forces du pays sous la contrainte après de nombreuses années de tutelle.

Une force de stabilisation devrait avoir suffisamment d'hommes et de moyens pour "donner le temps" à Beyrouth de désarmer les milices du Hezbollah, a estimé mardi Kofi Annan, qui doit s'exprimer jeudi au Conseil de sécurité sur la situation au Liban et les résultats d'une mission de médiation de l'ONU envoyée dans la région pour trouver une issue au conflit. Le déploiement de cette force n'a pas été exclu par l'État juif qui veut un retrait des combattants du Hezbollah loin de sa frontière.

De son côté, l'ONU qui prône le déploiement d'une force internationale de stabilisation au Liban sud près de la frontière israélienne, pousse un cri d'alarme sur la situation humanitaire catastrophique du Liban. Environ 500.000 personnes tenteraient actuellement de fuir la zone pilonnée afin de rejoindre le nord du pays. Abandonnant leur maison et leur village pour s'installer chez des parents, des amis voire même dans des écoles, des parkings ou des jardins publics. Roberto Laurenti, le représentant au Liban de l'Unicef a déclaré : "la situation est à la fois alarmante et catastrophique. Nous sommes inquiets pour les provisions de nourritures et de médicaments qui diminuent dangereusement dans un pays presque totalement isolé du monde extérieur par Israël." L'Etat hébreu a en effet bombardé les aéroports, ports et routes principales du pays donnant accès à la Syrie. Les risques de coupures d'électricité et de manque d'eau vont grandissant du fait de la destruction des usines et centrales électriques.

Pendant ce temps, l'évacuation des ressortissants étrangers se poursuit. Après le départ des Français, Norvégiens, Britanniques et Américains, c'est au tour de centaines d'Américains, Australiens, Canadiens et Allemands de se préparer à une évacuation massive dans la journée. Une vingtaine de bateaux, ayant obtenu l'autorisation d'Israël pour leurs mouvements en mer, doivent les embarquer depuis le port de Beyrouth.

Le centre de Beyrouth frappé par un raid aérien

Aujourd'hui pour la première fois depuis le début du conflit, l'armée israélienne a frappé le centre de Beyrouth, détruisant un camion stationné dans le quartier chrétien d'Achrafiyeh et visant une perceuse de puits, selon des sources policières. Au moins 54 civils ont péri en quelques heures dans des raids israéliens.

Dix personnes d'une même famille ont été ensevelies ce matin sous les décombres de leur maison, complètement détruite dans un raid aérien sur Salaa, un village à 9 km à l'est de Tyr. Au moins dix autres familles ont connu le même sort dans les bombardements israéliens qui ont visé ces derniers jours des villages frontaliers avec Israël et d'autres dans la région côtière de Tyr. Un raid sur le centre-ville de Nabatiyé, à 70 km au sud-est de Beyrouth, a fait six morts, dont une mère et ses trois enfants.

Cinq civils ont également été tués mercredi dans une attaque qui a visé un rassemblement de camionnettes dans la localité de Maaraboun, près de Baalbeck, à 85 km au nord-est de Beyrouth. Des missiles air-sol ont partiellement détruit un immeuble de quatre étages dans la localité de Nabi Chit, fief du Hezbollah chiite qui se situe également près de Baalbeck, tuant six personnes d'une même famille. Mercredi à l'aube, vingt et un civils ont été tués et 30 blessés dans le pilonnage aérien et naval israélien de maisons à Srifa.

Outre ses raids destructeurs, l'armée israélienne a de nouveau mené des opérations terrestres "limitées, ponctuelles et brèves" contre des positions du Hezbollah au-delà de sa frontière avec le Liban. "Cela ne sort pas de l'ordinaire. Ces forces pénètrent au Liban et repartent une fois leur mission terminée", a précisé un porte-parole militaire israélien.

Une nouvelle salve de tirs de roquettes du Hezbollah a été tirée en direction de la ville d'Haïfa, sans faire de blessé. D'après les télévisions arabes, Al-Jazira et Al-Arabiya, deux soldats israéliens ont été tués au cours d'accrochages avec des combattants du Hezbollah à la frontière. Depuis le 12 juillet, le nord du pays a été la cible de plus de 700 tirs de roquettes. Selon Alon Friedman, haut responsable israélien au commandement de la région militaire nord, "l'armée israélienne a déjà détruit environ 50% des roquettes et des missiles dont disposait le parti chiite". Selon les estimations de l'armée, le mouvement disposait de quelque 12.000 roquettes et missiles avant le début de l'offensive."Nos forces aériennes poursuivent leurs attaques pour empêcher que des renforts de munitions venus de Syrie ne parviennent au Hezbollah", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne se bat en même temps sur un second front, dans la bande de Gaza, où sept Palestiniens ont été tués aujourd'hui. L'offensive a été lancée fin juin afin retrouver son soldat capturé par des groupes palestiniens le 25 du même mois. Plus de 90 Palestiniens sont morts.

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