La France compte exporter plus de cent Rafale

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Le patron de la DGA, la Délégation générale pour l'armement du ministère de la défense, François Lureau estime que l'avion de combat de la dernière génération de Dassault, le Rafale, se vendra à plus de cent exemplaires à l'exportation. Il a par ailleurs confirmé que les exportations françaises d'armement devraient en 2006 "excéder 5 milliards d'euros".

"En tout état de cause, le nombre de cent Rafale vendus devrait être dépassé" à l'export, vient d' indiquer le Délégué général pour l'armement du ministère de la défense (DGA), François Lureau, aux députés lors de son audition par la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Il a fait valoir que la vente du Rafale constitue "un élément clé du succès de la France à l'exportation dans la mesure où des valeurs considérables sont en jeu".

Selon lui, les performances à l'exportation vont dépendre de "l'efficacité du travail collectif des grands industriels" concernés par le Rafale : Dassault Aviation, Safran (moteurs), Thales (électronique) et MBDA (missiles). Il a aussi souligné le rôle de l'Etat dont "un soutien très efficace est nécessaire".

Le dernier-né des avions de combat de Dassault Aviation, qui n'a jusqu'ici jamais été vendu à l'international, est aujourd'hui engagé dans plusieurs campagnes à l'exportation. Le Rafale intéresse vivement l'armée de l'air marocaine, qui pourrait devenir le premier client à l'export de l'appareil (entre 12 et 18 exemplaires). Le Qatar pourrait être amené à remplacer ses douze Mirage 2000-5 par des Rafale, à condition de vendre ses Mirage à l'Inde, très intéressée pour compléter sa flotte de Mirage 2000-H. La France et le Qatar avaient en effet signé en 2004 un protocole d'accord obligeant les Qataris à acquérir des appareils français en cas de cession de leurs Mirage 2000-5.

Plusieurs autres campagnes sont également en cours, notamment en Grèce où un appel d'offres pourrait être lancé en 2008, en Suisse qui est en train d'en préparer pour 2007 et à plus long terme au Brésil. Le Rafale a par ailleurs une autorisation d'exportation (CIEEMG) du gouvernement français en Libye, qui pourrait peut être s'offrir cet appareil à l'occasion de la visite à Paris du colonel Khadafi, actuellement à l'étude. S'agissant de l'Arabie Saoudite, qui va acquérir 72 exemplaires du rival européen du rafale, l'Eurofighter (d'EADS, du britannique BAE Systems et de l'italien Finmeccanica), le grand rival européen du Rafale, la France continue de le proposer aux Saoudiens.

Pour autant, comme l'a rappelé François Lureau, "tout ne se résume pas au Rafale" pour les ventes d'armes même si "le secteur aéronautique représentera 50% à 70% des exportations françaises, missiles compris". Ainsi, les perspectives de contrats "sont nombreuses", en particulier pour les missiles, les hélicoptères, les avions de transport ou ravitailleurs. Dans le domaine naval, le patron de la DGA mise sur les frégates multimissions FREMM, notamment dans sa future version anti-aérienne. Elles pourraient intéresser la Grèce qui a manifesté son intérêt pour l'acquisition de six frégates. "De même, a-t-il assuré, DCN propose des produits attractifs en matière de sous-marins conventionnels". Enfin, dans le domaine terrestre, où "les opportunités sont plus réduites", le DGA mise sur le canon autotracté Caesar, qui "est un bon produit" et le véhicule blindé de combat d'infanterie (VBCI) qui "suscite déjà beaucoup d'attention" même s'il doit "encore faire ses preuves".


Mise au point sur la commande des hélicoptères NH90
François Lureau a été très clair sur le pourquoi de la baisse de la commande de l'hélicoptère de transport de troupes NH90 (Eurocopter), de 36 à 12 appareils en 2007. "La commande de 34 appareils NH90 sera respectée", a-t-il assuré. "L'échelonnement en douze commandes en 2007 et vingt-deux en 2008 a été décidé pour des strictes raisons de technique financière", a-t-il expliqué. Il a en outre précisé que cette initiative ne changeait "rien aux conditions financières du contrat qui demeure basé sur un total de 34 appareils, ni à la date de livraison prévue pour 2011". Et de lancer une pique vers Eurocopter : "sans doute serait-il préférable de produire davantage et plus tôt mais l'aspect financier doit être pris en considération, de même que la capacité de production des industriels, qui prétendent parfois pouvoir produire plus qu'ils n'en ont vraiment la capacité". François Lureau a promis que les hélicoptères Cougar "seront rénovés en attendant" les livraisons de NH90.

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