EADS : la CDC pourrait saisir la justice

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La Caisse des dépôts a annoncé qu'elle pourrait saisir la justice si elle estimait que la transparence n'a pas été totale lors de l'acquisition de sa participation dans EADS. Le ministre français de l'Économie a par ailleurs annoncé qu'il recevra aujourd'hui le co-président allemand du conseil d'administration du groupe au sujet de la crise qui touche actuellement EADS.

La Caisse des dépôts (CDC), qui s'est engagée à acquérir à terme 2,25% d'EADS, pourrait saisir la justice s'il s'avérait que cette opération n'a pas été réalisée "dans de bonnes conditions de transparence", a déclaré à l'AFP un proche du dossier. "Comme les autres investisseurs, nous serons très vigilants sur la qualité et l'exhaustivité des informations qui ont été fournies sur la situation de l'entreprise EADS", a déclaré cette source. "Il est évident que s'il s'avérait que cette opération n'a pas été réalisée dans de bonnes conditions de transparence, nous en tirerions les conséquences, y compris par les moyens juridiques à notre disposition, pour défendre nos intérêts patrimoniaux", a-t-elle ajouté.

A cause de l'effondrement du titre EADS après l'annonce d'un retard dans la livraison de l'A380, la Caisse des dépôts devrait enregistrer une "moins-value virtuelle" d'environ 240 millions d'euros, calculée sur la base du cours d'EADS le 10 avril de 32 euros, a indiqué ce proche du dossier. La Caisse des dépôts ne détient pas encore les actions EADS, qui lui seront livrées en trois échéances, en 2008, 2009 et 2010, et qu'elle paiera alors au prix convenu lors de la signature du contrat avec Lagardère, soit 32 euros.

Côté pouvoirs publics, on se mobilise toujours sur l'affaire. Ce matin, le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a ainsi déclaré sur France Inter: "on va voir si la gouvernance fonctionne bien, j'ai demandé à Manfred Bischoff de venir me voir aujourd'hui". Il a par ailleurs souligné qu'il avait rencontré mardi l'autre co-président du conseil d'administration, le français Arnaud Lagardère, et vu mercredi le co-président exécutif d'EADS Noël Forgeard.

Le gouvernement français a décidé mercredi de mettre la pression sur les deux opérateurs industriels d'EADS, Lagardère et l'allemand DaimlerChrysler, pour qu'ils remettent de l'ordre au sein du groupe d'aéronautique et de défense européen. Mais aucune décision n'est prise pour le moment au sujet du co-président français d'EADS, Noël Forgeard, qui est mis en cause par une grande partie de la classe politique et par des associations d'actionnaires pour avoir levé et vendu des stock-options quelques semaines seulement avant l'annonce d'un report d'un an des livraisons du très gros porteur A380.

Le Premier ministre Dominique de Villepin a déclaré hier, lors de la séance des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, que "le gouvernement est décidé à prendre toutes les mesures nécessaires pour qu'EADS sécurise ses délais de production et fournisse ses clients dans les meilleures conditions. Il y a des décisions urgentes à prendre. Elles le seront".

Les actionnaires doivent par ailleurs se rencontrer mardi prochain lors d'une réunion de la Sogeade, qui regroupe les participations de l'Etat (15%) et de Lagardère (7,5%), pour en discuter.

Le groupe EADS est dans la tourmente depuis plus d'une semaine, après l'annonce de retards de livraisons de son A380 et le retour sur la place publique de l'affaire de la vente massive de stock-options du co-président exécutif Noël Forgeard, qui se retrouve sur la sellette. L'Autorité des marchés financiers mène une enquête sur ces ventes et plusieurs associations de petits actionnaires ont déposé plainte.

Ce jeudi, l'action EADS gagne 2,06% à 21,35 euros, à la clôture.

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