Dernière ligne droite dans la bataille Arcelor-Mittal

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Le conseil d'administration d'Arcelor, dimanche, pourrait amener un point final à la guerre qui oppose le groupe à Mittal Steel depuis le début de l'année. Après avoir longtemps décrié l'offre de ce dernier, puis soutenu un rapprochement avec le russe Severstal, la direction d'Arcelor serait près de trouver un accord avec Mittal.

Après cinq mois d'une âpre bataille, le géant européen de l'acier Arcelor s'oriente finalement vers un mariage avec son rival Mittal Steel, en raison notamment des difficultés qu'il éprouve à faire accepter son projet d'alliance avec le russe Severstal. Le numéro un mondial de l'acier Mittal Steel est "en discussions avancées" avec le groupe européen Arcelor en vue d'un rapprochement, a affirmé aujourd'hui un porte-parole de Mittal, confirmant les informations publiées ce matin par La Tribune (voir ci-contre). De son côté, le porte-parole d'Arcelor a déclaré: "nous confirmons que Mittal est en discussions constructives et avancées avec Arcelor, qui pourraient déboucher ou non sur une offre d'achat recommandée par la direction d'Arcelor".

Les administrateurs du sidérurgiste européen se réunissent dimanche au Luxembourg pour trancher entre l'OPA de Mittal, qui était une offre hostile au départ, et le projet alternatif de fusion, privilégié jusqu'ici, avec le russe Severstal de l'homme d'affaire Alexeï Mordachov. Mais Arcelor est aujourd'hui de plus en plus tenté par un rapprochement avec l'entreprise contrôlée par l'Indien Lakshmi Mittal. Une véritable volte-face dans la mesure où depuis son annonce le 27 janvier dernier, Arcelor n'a eu de cesse de repousser cette offre.

Arcelor estimait jusqu'ici que ce mariage "n'avait pas de sens industriel et sous-évaluait le groupe européen". Son PDG Guy Dollé avait même multiplié les attaques contre Mittal, estimant que celui-ci faisant dans "l'eau de Cologne" quand son groupe fabriquait des "parfums". Pour faire front, il a récemment imaginé un mariage plus que controversé avec le russe Severstal, vantant les mérites d'une combinaison entre les deux sidérurgistes, tant en termes de volumes de production (70 millions de tonnes d'acier) que de rentabilité.

Mais l'arrivée de Severstal en chevalier blanc est un scénario qui a suscité l'hostilité de nombreux actionnaires, dont l'homme d'affaires franco-polonais Romain Zaleski, qui détient à ce jour 7,8% du capital d'Arcelor. Mercredi, Arcelor a même été contraint du fait de ces résistances d'annuler une assemblée générale extraordinaire. Pour tenter de calmer la fronde, Severstal a aussi modifié son offre, proposant de ne prendre que 25% du capital au lieu de 32% prévus.

Parallèlement, Arcelor avait depuis quelques jours amorcé des négociations avec Mittal, poussé par une bonne partie du conseil. En retour, Mittal Steel semble aussi disposé à faire d'importantes concessions pour réaliser le mariage. "Mittal est prêt à faire des efforts sur des cessions d'actifs sous-productifs. Il accepterait que le nouveau conseil ait une majorité d'administrateurs venant d'Arcelor", a expliqué une source proche d'Arcelor. En effet, le sidérurgiste aurait accédé aux requêtes d'Arcelor en matière de gouvernance et de stratégie industrielle (voir ci-contre).

Reste un point d'achoppement: le prix. Arcelor veut obtenir autour de 44 euros par action contre 36 euros actuellement proposés, selon la même source, ce qui valoriserait l'offre à plus de 28 milliards d'euros, contre 23 milliards actuellement au cours du marché. Mais, souligne-t-on du côté du groupe européen, les signaux et les intentions sont là, et l'on n'attend plus qu'une offre formalisée et écrite.

Il n'est cependant pas totalement exclu que le conseil d'administration d'Arcelor adopte une attitude neutre dimanche et s'en remette au vote des actionnaires: une assemblée générale extraordinaire est d'ores et déjà programmée pour le 30 juin, avec au programme l'approbation... du mariage avec Severstal.

Depuis mercredi, la cotation des actions Arcelor est suspendue en Europe à la demande de l'Autorité des marchés financiers (AMF) française qui réclame une position claire du sidérurgiste.

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