But français en Suisse

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Axa rachète Winterthur pour près de 8 milliards d'euros. Une opération pertinente. Mais pourquoi vient-elle si tard?

Axa et Winterthur, c'est une vieille histoire. Cela fait longtemps que des rumeurs circulent sur l'intérêt de l'assureur français pour la compagnie suisse. Filiale du Credit Suisse, auquel elle a coûté très cher, la société suisse est depuis quelque temps déjà sur le marché. La banque helvète cherche à la vendre depuis plus de deux ans et, faute de trouver acquéreur, s'était finalement résolue à l'introduire en Bourse. L'opération était prévue pour les prochaines semaines.

C'est donc in extremis qu'Henri de Castries, le président du directoire d'Axa, a décidé de franchir le pas et de débourser près de 8 milliards d'euros pour réaliser la plus importante acquisition depuis qu'il dirige le groupe. Cette opération a du sens. On sait que le groupe français cherche à grandir sur le marché de l'assurance vie. Or Winterthur réalisé 62% de son chiffre d'affaires dans ce domaine.

Axa veut aussi se développer à l'international. Winterthur lui offre une position de premier plan sur le marché suisse, cela va de soi, mais aussi sur plusieurs marchés européens (Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne...). Enfin, avec 100 milliards d'actifs supplémentaires, Axa consolide ses positions sur ce marché et se classe désormais parmi les cinq premiers acteurs mondiaux. Bref, Winterthur, dont la situation financière a été assainie sous l'action énergique du Credit Suisse, complète de façon pertinente le dispositif du géant français de l'assurance.

Reste la question du prix. 7,9 milliards d'euros, c'est beaucoup d'argent. Axa devra d'ailleurs s'endetter et procéder à une augmentation de capital pour financer cette opération. Mais il est vrai que les prix d'acquisitions dans les services financiers sont aujourd'hui au plus haut. On se demande surtout pourquoi Axa n'a pas acheté Winterthur plus tôt, il y a un an ou deux ans, quand le Credit suisse cherchait désespérément un acquéreur et avait d'ailleurs déjà discuté avec le Français.

Sans doute, à l'époque, les conditions n'étaient-elles pas réunies. En particulier, peut-être fallait-il encore redresser les opérations de Winterthur. Conséquence: si aujourd'hui Axa acquiert une compagnie totalement assainie, le groupe français réalise une opération qui n'aura pas de véritable impact positif sur son résultat par action avant 2009. Le prix de la sécurité?

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