Altadis augmente le prix de ses cigarettes à bas prix en Espagne

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Le fabricant franco-espagnol a répercuté la hausse des taxes mise en place depuis le 10 novembre par le gouvernement espagnol. Ce dernier veut juguler le développement des cigarettes à bas prix apparues sur le marché hispanique depuis le début de l'année.

Madrid n'a pas dit son dernier mot contre les fumeurs ce qui obligent les cigarettiers à réagir. Après avoir interdit de fumer dans les lieux publics, le gouvernement espagnol a mis en place depuis vendredi 10 novembre une sur-taxe sur les paquets de cigarettes vendus moins de 2,17 euros. Les paquets à 1,95 euro devraient, espère-t-il, voir leur prix de vente augmenter de 8,2% environ. Madrid a en ligne de mire les paquets que les grands cigarettiers ont lancés à des prix planchers.

Après avoir résisté aux pressions gouvernementales, le fabricant franco-espagnol de cigarettes Altadis (fruit de la fusion en l'an 2000 entre la Seita et Tabacalera) a, comme ces principaux concurrents, du se plier aux éxigences de Madrid. Il a annoncé, en effet, qu'il augmentait à partir d'aujourd'hui mercredi le prix de onze marques. Au lieu de 2 euros, neuf marques vont coûter désormais 2,15 euros (pour un paquet de 20 cigarettes) et deux 2,10 euros.

La décision d'Altadis va-t-elle faire boule de neige ? Après l'entrée en vigueur en janvier d'une loi anti-tabac parmi les plus restrictives d'Europe, les fabricants de tabac s'étaient lancé en Espagne dans une guerre des prix vers le bas en lançant sur le marché plusieurs marques à moins de 2 euros le paquet. British American Tobacco et Philip Morris ont été les plus agressifs en début d'année dans la bataille. Avec succès: les ventes de paquets a moins de 2 euros ont été plébiscités par les espagnols.

Les difficultés rencontrées par Altadis, connu sur le marché espagnol pour ses cigarettes Fortuna, Gauloise, Royale et Fine, ont pesé sur ses résultats. Le groupe, qui qualifie 2006 d'année "incontestablement difficile", a annoncé un bénéfice net part du groupe en repli de 20% sur les neuf premiers mois de l'année, à 339,1 millions d'euros. Les ventes de cigarettes en Espagne ont baissé de 223 millions d'euros sur la période, à 1,25 milliard, du fait de la nouvelle loi hispanique anti-tabac.

Toutefois, la communauté financière table sur un avenir plus prometteur pour le groupe de l'autre côté des Pyrénées. Il pourrait, en effet, tirer partie de cette nouvelle fiscalité, la sur-taxe applicable également à ses concurrents devant réduire la différence de prix qui sépare ses propres marques des labels de cigarettes d'entrée de gamme peu réputées. Le fumeur pourrait alors être tenté de revenir à ses Fortuna, pour quelques centimes d'euros de plus. La part de marché d'Altadis pourrait ainsi être relancée.

A la bourse de Paris, Altadis se négocie en hausse de 1,10% à 38,71 euros en fin de journée.

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