LVMH gagne en appel contre Morgan Stanley
La Tribune
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LVMH estime que c'est une victoire. Le numéro 1 mondial du luxe a gagné en appel le procès qu'il avait intenté à la banque d'affaires Morgan Stanley. La 15ème chambre de la cour d'appel a confirmé le jugement prononcé le 12 janvier 2004 par le tribunal de commerce de Paris, reconnaissant que "Morgan Stanley est responsable d'une faute au préjudice de LVMH" dans ses analyses financières du groupe de luxe entre 1999 et 2003.
Le groupe de luxe (propriétaire de la Tribune) estimait que la banque d'affaires américaine lui avait porté préjudice par des évaluations tronquées. Il jugeait être la cible d'analyses systématiquement négatives de la part de la banque entre 2000 et 2002, qui conseillait par ailleurs son concurrent Gucci.
Au tribunal de commerce, le montant du préjudice avait été évalué à 30 millions d'euros, mais ce chiffre n'a pour l'instant pas été confirmé en appel. La cour préfère qu'un expert procède à l'évaluation du préjudice moral et matériel.
"On se réjouit de la confirmation du jugement du tribunal de commerce de Paris qui marque que LVMH a eu raison de considérer qu'elle était victime d'une faute civile de Morgan Stanley, nous allons maintenant apporter tous les éléments nécessaires à l'expert", a affirmé Patrick Houart, conseiller du président de LVMH, Bernard Arnault.
Chez Morgan Stanley, on a une interprétation bien plus modérée et légèrement différente du jugement. La banque estime que la cour d'appel a simplement "confirmé [les faits, ndlr] que sur des erreurs mineures". "Les prétendues fautes les plus graves retenues par le tribunal sont écartées par la cour d'appel", explique l'avocat de la banque, qui précise que la cour n'a par exemple pas retenu l'accusation de dénigrement à l'encontre de LVMH. Ainsi, le président de la filiale française Patrick Ponsoll s'est dit "satisfait à 99%" et que la banque "n'a donc aucune raison de se pouvoir en cassation". "Toutes les accusations de LVMH sur le manque d'objectivité, et d'indépendance de notre recherche sont rejetées par la cour. Notre recherche sort complètement blanchie de toutes les accusations de LVMH. Il n'y a eu ni dénigrement, ni complot, ni manipulation des faits", a déclaré à Reuters le président.
Selon lui, deux fautes seulement auraient été reconnues par la cour. Patrick Ponsoll a ainsi évoqué "les avertissements à la fin des notes sur lesquelles il y avait des erreurs, que nous avions reconnues, et une déclaration malheureuse d'un responsable au Financial Times". Il estime que le montant évalué par l'expert sera modeste.
L'AMF, saisie pour avis par la cour d'appel, avait rejeté de son côté l'argument "d'informations inexactes, imprécises ou trompeuses" dans les rapports d'analyse de la banque sur le groupe de luxe.
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