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Sanofi-Aventis dément avoir fait une offre sur Imclone

La Tribune

Publié le 11 octobre 2006 à 10:21 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 17:28

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Le groupe pharmaceutique a formellement démenti ce matin avoir fait un offre sur la société de biotechnologie Imclone et ne projette pas d'en faire. Une annonce qui met un terme aux rumeurs de rachats intervenues la veille, tandis que les analystes ont des opinions partagées sur l'intérêt d'une telle opération pour Sanofi-Aventis.

Sanofi-Aventis fait taire les rumeurs. Alors qu'un article du New York Times, paru hier, mentionnait une possible offre de rachat du groupe pharmaceutique sur la société de biotechnologie américaine Imclone, Sanofi a formellement démenti ces rumeurs ce matin. "Sanofi-Aventis n'a pas fait d'offre sur la société Imclone et n'a pas l'intention d'en faire", indique la société. Le groupe a tenu à démentir ces rumeurs, reprises ce matin par la presse française.

Un démenti qui ne surprend pas outre mesure Philippe Lanone, analyste pharmacie chez Ixis Securities. "Cette rumeur vient d'un article paru dans le New York Times, dans lequel était évoqué le fait qu'Imclone avait rejeté une offre de rachat et qu'il pourrait peut-être s'agir de Sanofi", rappelle l'analyste à latribune.fr. "En ce qui nous concerne, nous ne voyons pas clairement l'intérêt d'un tel rachat", ajoute-t-il. "Imclone ne dispose que d'un seul grand médicament, l'Erbitux (anticancéreux), mais qui est distribué aux Etats-Unis par Bristol Myers Squibb et en Europe par Merck AG. Il était plus simple de racheter BMS pour mettre la main sur ce produit", ironise l'analyste. Par ailleurs, il estime que Sanofi n'a pas besoin d'effectuer une telle acquisition pour développer sa capacité de production dans les produits biologiques, puisqu'il n'y est pas présent. En outre, il n'y a aucune synergie de coûts à attendre d'une telle opération, car Imclone ne dispose pas d'un réseau de vente majeur.

Cependant, tout le monde ne partage pas le même scepticisme vis-à-vis d'une telle hypothèse. "Une telle opération ferait bien au contraire du sens!", explique à latribune.fr Jacques Amon Lapluye, analyste chez Fideuram Wargny. "Cela fait plus de sens que le fait de racheter BMS, par exemple. En outre, il y aurait des synergies dans le domaine de l'oncologie", estime l'analyste, qui ajoute que le fait que Imclone soit plus présent dans le développement des médicaments biologiques permettrait à Sanofi de prendre pied dans un secteur à forte croissance. "Le biologique a pour avantage de protéger beaucoup plus les médicaments contre le risque générique, car les barrières à l'entrée sont très importantes", explique le spécialiste. Sanofi pourrait ainsi concurrencer Roche sur ce marché en croissance annuelle de 14%.

"La thématique des rachats des biotechs par les grands laboratoires est toujours d'actualité", estime pour sa part Eric Doutrebente, gérant chez Tocqueville Finance, qui ajoute que le rachat d'Imclone se justifierait dans les anticancéreux.

En tout état de cause, même si Sanofi dément avoir proposé de racheter Imclone, le thème des acquisitions pourrait bien revenir sur le devant de la scène, alors que Sanofi s'est fortement désendetté. Selon les estimations de Philippe Lanone, chez Ixis Securities, le groupe devrait afficher une dette de 6 milliards d'euros sur la fin de l'année et de 2,5 milliards d'euros en 2007. Ce qui lui laisse une grande marge de manoeuvre pour se lancer dans les opérations de croissance externe.

En Bourse, les investisseurs restent attentistes. Sanofi-Aventis reste inchangé à la clôture, à 69,15 euros.

La Tribune

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