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France Télécom taille dans ses effectifs et augmente son dividende

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Publié le 15 février 2006 à 08:12 - Mis à jour le 22 octobre 2008 à 18:07

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En proie à une féroce concurrence, l'opérateur historique annonce une croissance de 20% de son dividende pour 2006. Il réduira ses effectifs de 17.000 personnes dans le monde entre 2006 et 2008, une mesure prise sans licenciement sec. En 2006, l'opérateur s'apprête à souffrir encore de la concurrence exacerbée du secteur.

Attaqué de toutes parts, France Télécom n'avait d'autre choix, en publiant ce matin ses résultats annuels, que de lancer des annonces d'ampleur pour reconquérir ses actionnaires. De fait, l'opérateur historique français leur a laissé un goût amer ces derniers mois, en lançant coup sur coup deux avertissements sur ses ventes, le premier en octobre et le second début janvier. Et ce après avoir sollicité ses actionnaires en effectuant une augmentation de capital de 3 milliards d'euros pour financer le rachat de l'Espagnol Amena.

Attendu au tournant, France Télécom tente une première opération de séduction des investisseurs en proposant pour ces prochains exercices de généreuses rémunérations. Bien que, depuis, les difficultés se soient accumulées pour l'opérateur, il a confirmé sa promesse de juin dernier d'offrir un dividende de 1 euro par titre, soit un doublement par rapport à l'année précédente. Surtout, il a promis pour l'exercice 2006, une croissance supplémentaire de 20% du dividende à 1,20 euro, une annonce qui devrait faire des heureux. Ce cadeau devrait lui coûter 3,1 milliards d'euros, dans la mesure où actuellement la société compte 2,6 milliards de titres. D'une manière générale, "le dividende pour les années ultérieures représentera entre 40 et 45% du cash-flow organique", a expliqué FT dans son communiqué.

En revanche, pour l'instant, un plan de rachat d'actions ne sera finalement pas à l'ordre du jour. "Ce ne serait qu'un feu de paille", a martelé le PDG Didier Lombard lors d'une conférence de presse, tout en n'exluant pas une mesure de ce type si le contexte changeait dans l'avenir. Autrement dit, pour s'assurer de la fidélité des actionnaires, le groupe a opté pour la sécurité du versement en numéraire.

Réduction des coûts

Autre point très attendu: la réduction des coûts. Pour le moment, l'opérateur a tout juste confirmé poursuivre la politique entamée il y a trois ans, continuant d'écarter tout plan de licenciement pur et dur. Ainsi, entre 2006 et 2008, les effectifs vont fondre de 17.000 personnes, un solde qui comprend 22.000 départs et 6.000 embauches. "A ces 16.000 postes en moins en France viendront s'ajouter un millier de réduction d'effectifs à l'étranger", a détaillé le nouveau directeur financier du groupe Gervais Pélissier. Depuis trois ans, FT encourage les départs naturels, sous forme de CFC (congés de fin de carrière), de départs vers la fonction publique (88.000 fonctionnaires sont encore en poste), d'essaimage et de création d'entreprise, et de départs à la retraite. 13.100 postes avaient été supprimé en 2003, 12.500 en 2004, et 5.500 devaient être supprimés l'an passé.

Accélérer le plan Next

Mais l'ensemble de ces mesures ne représente pas une solution en soi pour résoudre le principal problème de France Télécom, qui est confronté à un fort ralentissement de la croissance, dû pêle-mêle à la percée du dégroupage total, à la pression sur les prix et à l'arrivée à maturité de la téléphonie mobile dans les pays développés comme la France ou la Grande-Bretagne. Ainsi, la branche Home France (téléphonie fixe et ADSL) a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 1,1%. Et, transformation du marché oblige, la situation ne saurait sensiblement s'améliorer ni cette année ni l'an prochain. Pour se maintenir en 2006 où l'on devrait comptait 1,5 million de "dégroupés totaux", c'est-à-dire de personnes qui ont définivitement quitté l'opérateur historique, FT devra donc en faire plus.

Tout d'abord, Didier Lombard va donner un coup d'accélérateur au plan Next présenté en juin dernier et censé être la ligne directrice de l'entreprise ces trois prochaines années. Premier enseignement: compte tenu des transformations rapides du marché, il faudra aller deux fois plus vite que prévu. Pour remplir cet objectif difficile, FT a resserré son comité de direction autour de neuf personnes, toutes mobilisées autour des performances financières de l'entreprise. Toujours dans un souci de réactivité, les lignes de décision seront raccourcies de 7 à 11 actuellement, à une fourchette allant de 3 à 6.

L'accent sera mis sur le marketing, nerf de la guerre dans un secteur de grande consommation ultra-concurrentiel. La marque Orange prendra peu à peu le pas sur toutes les autres marques du groupe, France Télécom et Wanadoo compris. Les offres convergentes sont toujours considérées comme étant l'avenir de l'opérateur télécoms intégré. Elles seront concoctées dans un Technocentre, doté de 1.500 personnes et opérationnel depuis janvier. Les cordons de la bourse seront plus largement ouverts: les dépenses d'investissements représenteront cette année 13% des ventes contre 12,3% l'an passé.

Fixer ses propres tarifs

Il faut dire que FT ne s'est pas montré particulièrement optimiste pour 2006. L'ancienne fourchette de croissance de 3 à 5% du chiffre d'affaires prévue pour 2005 est définitivement aux oubliettes. A la place, l'opérateur mise sur une hausse de 7% des ventes, soit 2% seulement en comparable, un niveau inférieur aux 2,5% réalisés en 2005 où le chiffre d'affaires est ressorti à 49 milliards d'euros (+6,5% en données historiques). Le cash-flow organique sera d'au moins 7 milliards d'euros, a affirmé le groupe. S'il reste à ce plancher, il sera donc inférieur aux 7,5 milliards d'euros de 2005. Le taux de marge brute opérationnelle sera également en baisse de 1 à 2 points par rapport à 2005. La marge est ressortie à 18,4 milliards d'euros l'an passé. En revanche, le résultat net est ressorti à 5,7 milliards d'euros, le meilleur réalisé par l'entreprise depuis sa formation en S.A.

Doit-on voir dans ces annonces un excès de prudence de la part d'un opérateur qui n'a cessé de décevoir ces derniers mois? Toujours est-il que ces prévisions montrent que le groupe s'apprête à encore souffrir de la concurrence cette année. D'où un nouvel appel en forme de leitmotiv de la part de Didier Lombard à l'ARCEP, qui régule le marché des télécoms: "j'aimerais pouvoir fixer mes propres tarifs".

A Paris, ces annonces sont plutôt bien accueillies. Le titre grimpe de 3% à 19,16 euros, en fin de journée.

La Tribune

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