Carlos Ghosn : l'alliance avec GM représente une énorme opportunité

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A la veille de la première rencontre entre Carlos Ghosn et Rick Wagoner, les patrons de Renault-Nissan et de General Motors, en vue d'une alliance, Carlos Ghosn déclare dans une interview accordée au Monde qu'il s'agit là "d'une énorme opportunité",.

Pour la première fois depuis l'annonce d'un possible rapprochement entre Renault-Nissan et General Motors (GM), les deux patrons concernés doivent se retrouver vendredi à Detroit pour entamer les discussions. Le patron des constructeurs automobiles Renault et Nissan, Carlos Ghosn, estime qu'une alliance avec l'Américain General Motors serait "une énorme opportunité", dans un entretien au journal Le Monde daté de vendredi.

"Encore faut-il qu'on travaille avec GM pour voir ce que ça peut apporter, à quelle condition et avec quelle organisation", ajoute le PDG de Renault. C'est sous la pression de son bouillonnant actionnaire Kirk Kerkorian que le PDG de General Motors, Rick Wagoner, se rend à cette rencontre. Carlos Ghosn, pour sa part, a été mandaté par les conseils d'administration de Renault et Nissan pour évoquer une alliance entre les trois constructeurs. Les deux hommes devraient définir le cadre des discussions préalables nécessaires à des coopérations dans le secteur des achats, de la recherche et du développement. Puis leurs équipes plancheront ensemble sur ce projet.

Rick Wagoner n'a guère le choix. A Wall Street, les experts soulignent qu'il ne peut se dérober au moins à l'examen du plan imaginé par Kirk Kerkorian, ne serait-ce que pour des questions de gouvernance. S'il n'est visiblement pas chaud pour une négociation qui lui a été imposée sans concertation préalable, le PDG de GM, même s'il est l'un des patrons les plus puissants des États-Unis, a choisi de faire contre mauvaise fortune bon coeur: il discutera.

"J'ai hâte de m'asseoir avec Carlos Ghosn. Depuis le premier jour nous avons dit que nous étions ouverts pour étudier cette alliance", a affirmé Rick Wagoner hier sur la chaîne d'information économique CNBC. "Cependant nous n'avons pas bâti notre plan de redressement en misant sur l'arrivée d'un chevalier blanc", s'est-il empressé d'ajouter. La prudence de Rick Wagoner est compréhensible. Il sait que son fauteuil risque d'être menacé si un rapprochement avec Renault-Nissan se dessinait. L'efficacité de la méthode Ghosn a séduit Kerkorian, qui attend de lui un redressement de GM, même si la progression récente du titre du constructeur américain lui a permis de récupérer sa mise.

Une alliance entre Renault-Nissan et General Motors, que les conseils d'administration de ces trois groupes se sont déclarés prêts à étudier, serait selon un banquier expert du secteur la plus complexe intégration industrielle jamais envisagée. Alors que la possibilité de voir Renault-Nissan prendre 20% du capital du constructeur américain a été évoquée, cet attelage formerait le bastion le plus puissant du secteur, contrôlant le quart du marché mondial, loin devant le japonais Toyota.

Pour Carlos Ghosn, "ou bien GM saisit cette opportunité et l'étudie sérieusement (...) Ou bien on estime que cela ne vaut pas la peine, et on arrête les frais". C'est cependant pour le groupe franco-japonais une chance unique de prendre pied aux États-Unis pour un investissement raisonnable. Les économies d'échelle réalisées dans les achats, avec une puissance cumulée de 130 milliards de dollars par an, et les réductions de coûts éventuelles pour la conception de nouveaux modèles par exemple, sont tentantes. Cependant Carlos Ghosn a tempéré en déclarant que "s'allier avec GM n'est pas une obligation".

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