Le secteur immobilier américain reprend des couleurs

Les ventes dans l'immobilier américain ont crû de 3,9% en février, là où les analystes tablaient sur une stabilisation du marché. Un chiffre plutôt rassurant, donc, alors que la profession est confrontée à la crise des prêts immobiliers à risque et s'interroge sur les réformes nécessaires.

On craignait que le marché immobilier américain ne s'effondre, il ne fait que souffler. Le chiffre des reventes de logements a augmenté en février par rapport au mois précédent de 3,9%. Une hausse inattendue dans un secteur touché par le scandale des "prêts à surprime".

L'immobilier a longtemps été considéré comme le moteur de la croissance économique aux Etats-Unis et pour Lynn Reaser, chef économiste chez Bank of America, ce résultat "reflète le processus de stabilisation en cours". 6,69 millions de logements ont été revendus au mois de février, contre 6,44 millions en janvier, et alors que les prévisions ne dépassaient pas 6,5 millions. "Le pire est certainement derrière nous: malgré les déboires du marché des 'subprime mortgage', la demande ne s'effondre pas", analyse la spécialiste.

Toutes les analyses convergent vers la même conclusion, les abus constaté sur le marché du crédit immobilier vont entraîner la mise en place de standards d'obtention plus rigoureux pour les crédits, ce qui va limiter les ventes cette année. Mais David Lereah, chef économiste chez Realtor, estime que les Etats-Unis "peuvent perdre entre 100.000 et 250.000 ventes" dans les deux ans à venir. Une broutille pour un marché qui dépasse les 6 millions de ventes mensuelles.

La crise des "subprime mortgage" frappe pourtant la population américaine de plein fouet, en particulier les ménages modestes. Ces "prêts à surprime" sont en réalité des crédit à taux élevés destinés aux acquéreurs disposant de peu d'apport personnel pour l'achat de leur maison ou dont les revenus font craindre un risque de défaut de paiement.

"Il existe un véritable chaos éthique dans le secteur du crédit immobilier", regrette Jillayne Schlicke, co-présidente de la fondation du prêt éthique. Au cours des dernières années, des prêteurs ont survendu ce type de crédit très onéreux à beaucoup de ménages modestes.

Avec le ralentissement de l'infléchissement de la croissance américaine, ils sont nombreux à s'être retrouvés dans l'incapacité de rembourser leur maison. Et donc à devenir expulsables. Au dernier trimestre 2006, les établissements de prêt ont lancé des procédures de saisie dans un dossier sur 200, la plus forte proportion jamais atteinte. Environ 1,5 million d'emprunteurs sont sous le coup d'une procédure d'expulsion cette année.

De nombreux Américains se sont laissés séduire par des montages financiers complexes pour pouvoir acheter une maison qui n'était souvent pas dans leurs moyens. Certains crédits permettaient ainsi de financer 100% de l'acquisition, à taux variable, avec de faibles mensualités de départ.

"C'est la qualité du crédit qui est directement en cause dans cette crise", explique Josh Nassar, vice-président pour les Affaires fédérales du Centre pour un crédit responsable, basé à Washington.

Le prêt "2-28" est notamment montré du doigt: un taux d'intérêt et des mensualités faibles pendant les deux premières années et une hausse vertigineuse ensuite. De nombreux emprunteurs n'ont pas compris les modalités de cet emprunt ou pensaient qu'ils avaient la possibilité de le refinancer. Autant de domaines où des réformes vont devoir être engagées.

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