"West Side Story" à fond la sono

Le plus fameux musical de Broadway fête son cinquantenaire dans une tournée européenne qui s'arrête au Châtelet pour les fêtes. Un spectacle hyper-sonorisé mieux dansé que chanté.

Spectacle total, "West Side Story" le fut dès sa création, voici cinquante ans à Washington puis à New York. Avec des signatures prestigieuses: partition hyper rythmée et chatoyante du compositeur Leonard Bernstein et chorégraphie survitaminée de Jerome Robbins. Et des interprètes qui savaient tout faire, danser, chanter, jouer tour à tour la comédie et le drame dans ce "Roméo et Juliette" de l'Upper West Side où s'affrontent deux bandes rivales d'immigrés (les Jets, blancs d'origine polonaise, et les Sharks, métisses portoricains). Et un message de tolérance et d'amour plus fort que la mort résonnant aujourd'hui avec un charme désuet.

En France, on connaît moins le "musical" scénique de Broadway que la magnifique version cinéma de Robert Wise avec l'inoubliable Nathalie Wood. Et les grands airs - "Tonight", "Maria", "I feel pretty" ... - sont restés dans toute les têtes. Du moins celles des moins jeunes. Tout dans la production qui s'arrête au Châtelet pour les fêtes est fait pour plaire au public jeune, moins au fait de cette légende urbaine vieille d'un demi-siècle. Empruntant beaucoup au film, avec des éclairages violents et une sono à fond la caisse, le spectacle du jubilé, très soigné et "pro", hyper rodé mais un peu froid, sent sa tournée mondiale. Il est signé Joey McKneely, qui fut l'assistant de Jerome Robbins, et a obtenu pour cela des ayant-droits le label "West Side Story, l'original".

Reproduisant le plus fidèlement qu'il a pu la chorégraphie de Robbins, le metteur en scène a saupoudré le spectacle de quelques innovations visuelles: notamment des projections en noir et blanc et grand format de vues de New York des années cinquante. Mais l'essentiel du dispositif scénique tient aux échelles et passerelles métalliques qui vont et vient sur la scène au gré des numéros.

Très jeune, la troupe fait preuve d'une belle énergie dans les passages dansés mais s'avère moins performante pour le chant. De même l'orchestre, dirigé sans grande subtilité par Donald Chan.


Théâtre du Châtelet, jusqu'au 1er janvier 2008, tél. 01 40 28 28 40, www.chatelet.fr
A lire: "Leonard Bernstein" par Renaud Machard, Actes Sud/Classica, 220 pages, 18 euros

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