François Chérèque s'inquiète de la boulimie de réformes affichée par Sarkozy

Le leader de la CFDT approuve la méthode du gouvernement privilégiant le dialogue, tout en mettant en garde contre "la précipitation". Et fait entendre ses différences sur les projets de réforme.

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Oui au dialogue, mais pas de précipitation! Dans une interview au Figaro de ce mardi, le numéro un de la CFDT, François Chérèque, se félicite de la volonté de dialogue affichée par le nouveau président de la République depuis son élection, tout en se démarquant à la fois sur le fond de certains projets et, sur la forme, du nombre de réformes que Nicolas Sarkozy entend lancer en même temps.

François Chérèque conteste ainsi le projet de détaxation des heures supplémentaires. "Comment vont réagir les salariés l'an prochain quand ils vont se rendre compte qu'ils travaillent plus, avec des semaines de 44 heures, sans gagner plus? Une des réussites des 35 heures, c'est que la France a la productivité horaire la plus forte. Avec la démarche et le slogan dogmatique de Nicolas Sarkozy, on va mettre à bas ces accords d'annualisation qui ont permis la hausse de la productivité et la flexibilité. Sans compter que ce ne sont pas les salariés qui choisissent leur temps de travail: je mets au défi les employeurs de nous dire comment ils vont faire le volontariat!"

Jugeant "totalement injuste" le projet de franchises médicales destiné à contribuer à renflouer l'assurance-maladie, le responsable de la CFDT se réjouit en revanche de l'organisation à l'automne d'une conférence tripartite sur l'emploi et le pouvoir d'achat. Mais il est plus réservé sur la déductibilité des intérêts des emprunts immobiliers. Non pas sur le fond du projet, qui "peut être très important pour l'accès au logement et le pouvoir d'achat", mais plutôt sur son impact sur les finances publiques. "Il n'est pas sérieux, selon lui, de décider en même temps d'importantes dépenses comme celle-là et de vouloir fortement baisser les impôts. On ne peut pas nous faire croire que l'on va faire une pause dans la réduction des déficits, on va les creuser!"

Sur le service minimum, François Chérèque se dit prêt à "marier dialogue social, utilisation exceptionnelle de la grève et respect des usagers et du service public". Comme à "poser le problème de l'anticipation des conflits partout dans la fonction publique d'Etat". Pour lui, "on parle de service minimum parce que le dialogue social n'est pas organisé". Dans l'Education nationale, il estime qu'il "faut associer le droit de grève des enseignants et l'accueil des élèves".

Dans la négociation sur le marché du travail proposée par le Premier ministre, le responsable de la CFDT entend "protéger davantage l'employé et développer les droits individuels, notamment en termes de formation" pour s'attaquer au "paradoxe de notre système: nous avons une législation du travail rigide mais des parcours professionnels peu sécurisés".

Sur la méthode employée, enfin, il juge que "la précipitation conduit souvent à des erreurs". "Si on veut que les réformes soient partagées, il faut le temps que chacun se les approprie et comprenne les enjeux...", conclut-il.

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