La SNCF négocie sur les retraites et embauche des jeunes des banlieues

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La SNCF a poursuivi mardi ses négociations sur le régime spécial de retraite de ses 160.000 cheminots, pendant que sa présidente, Anne-Marie Idrac, lançait une nouvelle opération de recrutement auprès de 200 jeunes diplômés issus de la "diversité".

La SNCF a poursuivi mardi ses négociations sur le régime spécial de retraite de ses 160.000 cheminots, pendant que sa présidente, Anne-Marie Idrac, lançait une nouvelle opération de recrutement auprès de 200 jeunes diplômés issus de la "diversité".

"En ce moment, certains pourraient avoir l'impression que le principal intérêt de la SNCF, c'est les retraites, ne vous laissez pas intimider par ça", a déclaré Mme Idrac aux jeunes issus des quartiers populaires.
Au même moment, quelques étages plus bas, son directeur des ressources humaines (DRH), François Nogué, présidait la deuxième réunion de négociations, au cours de laquelle la direction a fait connaître ses propositions, très attendues par les syndicats, sur "la décote et l'indexation" des pensions.

"Nous sommes parvenus à un compromis sur les mesures salariales, elles accompagnent la prolongation d'activité et nous avons proposé des mesures pour débloquer la grille (de salaires) et la création d'un échelon d'ancienneté", a déclaré M. Nogué.

A l'issue de cette réunion, la plupart des syndicats de cheminots ont qualifié les propositions de la direction de "non négligeables" mais ont critiqué en revanche "le blocage" des représentants de l'Etat.
Ainsi pour Eric Falempin (FO), "il n'y a pas de négociations sur la décote et l'indexation et il ne sert à rien d'avoir une réunion tripartite si le gouvernement n'est pas prêt à évoluer", a-t-il déclaré à la presse.
Selon lui, "on n'avance plus dans ce pays quand il y un conflit".

De son côté, Laurent Russeil (CGT) a dénoncé "des points de blocage", notamment sur "la décote", de la part des représentants du gouvernement tout en relevant des "mesures salariales non négligeables" de l'entreprise.
La CFDT a même affirmé que "les mesures salariales annulent complètement les effets négatifs de l'allongement de la durée du travail", tout en estimant qu'il serait "illusoire de croire que le gouvernement reviendra sur la décote".

"Je ne crois pas au père Noël, je ne pense pas que le gouvernement revienne sur de nouvelles propositions sur l'indexation et la décote", a ainsi déclaré son secrétaire général, Arnaud Morvan.
Auparavant, Alain Potier (CFTC) avait indiqué que "si les propositions de l'entreprise sont acceptables, au niveau des +VRP+ (représentants, ndlr) de l'Etat, c'est très décevant".

La CFE-CGC a, elle, relevé des "avancées significatives" sur les compensations financières, mais son président, Gérard Blanc, a regretté le blocage "sur la décote et l'indexation".
La Fgaac s'estimait satisfaite, assurant même qu'"avec l'ensemble des mesures proposées par la direction", il ne suffirait que de travailler six mois de plus pour préserver le même niveau de pension que dans l'ancien régime de retraite.

A l'inverse, Sud Rail restait "convaincue qu'il y a nécessité que l'action redémarre".
Les syndicats avaient appelé ce mardi à des "rassemblements sur les sites ferroviaires" pour "peser" sur ces négociations, comme à Paris, "gare Montparnasse, Bordeaux, Nantes et Marseille", avec "des centaines de cheminots actifs et retraités", selon eux.

Plus tôt dans la matinée, le conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, avait déclaré que la réforme des régimes spéciaux de retraite allait "aboutir dans les toutes prochaines semaines", estimant que "les plus grandes difficultés sont derrière nous".
Les syndicats de cheminots se réuniront jeudi pour établir "un bilan d'étape" de ces négociations.

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