Bruxelles avance sur son projet controversé de réforme du vin

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La Commission européenne veut faire évoluer les exploitations de vin en Europe en les rendant moins artisanales et parcellaires, et en réduisant leur dépendance aux subventions. Afin de les rendre plus à même de lutter avec les grands producteurs étrangers.

Il aura fallu un an de discussions et de négociations serrées avant que Bruxelles ne présente un texte bouclé sur la réforme du secteur vinicole. C'est chose faite depuis ce mercredi.

La Commission européenne veut faire évoluer les exploitations de vin en Europe en les rendant moins artisanales et parcellaires et en réduisant leur dépendance aux subventions venues de Bruxelles. Le tout afin de les rendre plus à même de lutter avec les grands producteurs des Etats-Unis, d'Amérique du Sud, d'Australie ou d'Afrique du Sud dont les parts de marchés mondiales ne cessent de grimper (en parallèle à l'amélioration de leurs vins, d'ailleurs).

"Une profonde réforme est cruciale" pour l'avenir de la viticulture européenne, même si elle est "difficile", a souligné la commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer Boel. Difficile, elle promet surtout de l'être pour les producteurs de vin, puisque Bruxelles veut d'abord mettre fin à la surproduction en permettant l'arrachage d'un maximum de 200.000 hectares de vignes.

Autre projet, très critiqué sur le terrain (pas seulement en France car le texte est aussi dénoncé en Italie, en Espagne ou au Portugal, pays des productions viticoles de grand volume): la suppression envisagée du système de distillation, qui permet de transformer les stocks de vin invendus en alcool pour l'industrie des spiritueux.

Bruxelles ne manie pas que le bâton. La carotte se matérialise sous la forme d'une simplication des règles d'étiquettage et des pratiques oenologiques - souvent, les consommateurs étrangers peu habitués au vin ne comprennent rien au système français d'appellation et de cépage - pour lutter là encore contre la grande concurrence internationale. La Commission européenne propose pour cela le déblocage d'un budget de promotion mondial de 120 millions d'euros.

Sur ce projet, la Commission ne fait pas l'unanimité contre elle. En effet, le "Comité vins", qui représente cette fois l'industrie du vin et les négociants, a annoncé qu"il apportait son appui à cette réforme. A ses yeux, elle facilitera "l'adaptation des productions, en quantité et en qualité, pour répondre aux attentes du marché".

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