Juncker et Trichet défendent la BCE, Sarkozy souhaite plus de convergence

Devant le parlement européen, Jean-Claude Juncker et Jean-Claude Trichet ont défendu la politique monétaire européenne. Dans une lettre de mission à Christine Lagarde, Nicolas Sarkozy souhaite une meilleure convergence économique des pays la zone euro, et estime que sont compatibles les réformes entreprises par le gouvernement et la réduction de l'endettement public.

Trente-six heures après le passage de Nicolas Sarkozy à Bruxelles, à l'occasion duquel le président français avait justifié sa politique économique et émis des réserves sur la politique monétaire européenne, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a souligné ce mercredi que l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) était intangible, en estimant que les pays qui ne sont pas satisfaits de la fermeté de l'euro devaient mettre en place des réformes structurelles au niveau national. Le Premier ministre luxembourgeois, devant le parlement européen, a également souligné que la France devait respecter l'objectif de 2010 fixé pour l'assainissement des finances publiques des pays de la zone euro.

Il est évident qu'aucun pays, quel que soit le langage qu'il parle, ne peut remettre en question l'indépendance de la BCE, a-t-il dit. Nous n'avons pas l'impression qu'un euro fort va nuire à la croissance de la zone euro, a-t-il ajouté.
Evoquant les déficits publics, Juncker a noté que les périodes de croissance devaient être mises à profit pour réduire les déséquilibres budgétaires. A ce titre, il a salué la perspective de réformes structurelles en France mais a insisté sur le fait que les partenaires européens de la France attendaient qu'elle respecte son engagement à l'horizon 2010.

De son côté, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé ce mercredi que "les conditions sont en place pour une croissance durable dans la zone euro", a-t-il déclaré devant les eurodéputés à Strasbourg. Mais "les risques d'inflation restent à la hausse", notamment à cause de possibles hausses de salaires importantes, a-t-il averti. La BCE va donc "continuer à surveiller l'évolution" de l'inflation, selon lui. A propos des taux d'intérêt, Jean-Claude Trichet a jugé que leur niveau restait "accommodant".

Comme en réponse, Nicolas Sarkozy a appelé de ses voeux, ce mercredi, dans une lettre de mission adressée à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, une meilleure convergence économique des pays de la zone euro. "Les pays membres de la zone euro doivent d'abord rechercher une plus grande convergence de leurs politiques économiques", écrit le président français. "Ils doivent ensuite pouvoir dialoguer réellement avec la Banque centrale européenne afin de doter la zone euro d'une stratégie monétaire", ajoute-t-il.

"Vous examinerez notamment dans quelle mesure pourrait être élaboré un accord entre l'Eurogroupe et la Banque centrale européenne permettant de préciser les conditions de ce dialogue et les modalités de mise en oeuvre d'une politique de change", poursuit le chef de l'Etat. "Vous le savez, le programme présidentiel devra être mis en oeuvre en respectant scrupuleusement notre volonté de préserver l'avenir des générations futures grâce à une gestion rigoureuse des finances publiques, conforme à nos engagements européens", dit Nicolas Sarkozy.

Le président français ne voit nulle contradiction entre les réformes entreprises par le gouvernement et la réduction de l'endettement public. "Réussir les réformes attendues par les Français et cesser la spirale de l'endettement ne sont nullement inconciliables, mais sont au contraire deux objectifs complémentaires dès lors qu'il est décidé d'abandonner les politiques qui ne marchent pas au profit de politiques qui marchent", estime en outre Nicolas Sarkozy.

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