Nicolas Sarkozy arrête le calendrier de ses réformes

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S'il accède à l'Elysée le 6 mai, Nicolas Sarkozy proposera, "dès le premier jour", quatre conférences sociales qui réunira le gouvernement, le patronat et les syndicats.

Donné favori dans les sondages pour emporter le second tour de la présidentielle le 6 mai prochain, Nicolas Sarkozy prépare son programme d'action. Décidé à lancer sans attendre les réformes qu'il préconise pour redresser la France, il a déjà arrêté le calendrier précis des premières mesures qu'il prendra s'il est élu, calendrier qu'il détaille dans une interview au journal Le Monde , daté du 26 avril.

"Je proposerai, le premier jour, aux partenaires sociaux, quatre conférences pour septembre", précise-t-il. La première portera sur l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. Les entreprises auront deux ans pour corriger les inégalités. Au-delà de ce délai, l'inspection du travail sera saisie et transmettra au parquet les cas de discrimination.

Le deuxième sujet de discussion traitera de la "flexisécurité" que le candidat UMP souhaite introduire en France, en s'inspirant des modèles des pays du Nord de l'Europe. Patronat et syndicats seront invités à débattre, avec le gouvernement, de l'adoption d'un contrat de travail unique, du nouveau service public de l'emploi et de la réduction de la durée de la procédure de licenciement. Mais, sans doute pour ne pas inquiéter les syndicats, Nicolas Sarkozy ne précise pas ce que fera le gouvernement si les partenaires sociaux ne se mettent pas d'accord.

Troisième chantier, "l'amélioration des conditions de travail et la lutte contre le stress". Enfin, une quatrième conférence réunira les partenaires sociaux sur le thème de la démocratie sociale. La réforme de la démocratie sociale passe, pour Nicolas Sarkozy, par "la liberté de présentation au premier tour des élections professionnelles, l'aide au financement des syndicats, la sanctuarisation pendant quelques mois de la négociation entre partenaires sociaux pour que le législateur n'intervienne qu'en cas d'échec". Les partenaires sociaux auront jusqu'à fin 2007 pour trouver un accord sur ce vaste chantier.

Sur l'instauration d'un service minimum dans les transports publics en cas de grève, Nicolas Sarkozy fait preuve, à l'approche de sa possible victoire, de prudence. Alors qu'il s'est engagé pendant la campagne du premier tour à faire adopter une loi "dès le mois de juin", il précise aujourd'hui que "si le ministre des transports et les syndicats se mettent d'accord, il n'y a pas besoin de loi". Il faut dire que la présidente (UDF...) de la SNCF, Anne-Marie Idrac, s'est déclarée opposée à une loi sur le service minimum. Message entendu par le candidat qui modifie un peu son discours en précisant que la loi n'interviendra que si syndicats et gouvernement ne trouvent pas un terrain d'entente...

L'agenda de Nicolas Sarkozy ne se limite pas aux questions sociales. S'il accède à l'Elysée, il consacrera sa "deuxième journée" à la préparation d'un Grenelle de l'environnement qui réunira les ONG, les industriels et les partenaires sociaux. Pas question pour lui, sur le dossier des OGM, de décréter un moratoire sur les cultures en plein champ. Les sujets à l'ordre du jour seront l'instauration d'une taxe sur le carbone et la création d'une fiscalité écologique.

Concernant les premières initiatives du futur président sur le plan international, Nicolas Sarkozy privilégie l'agenda européen. Il prévoit de consacrer "une première visite" à Bruxelles et à Berlin , avant de se rendre en Afrique. S'opposant à Ségolène Royal et à François Bayrou, il rejette l'idée d'organiser un nouveau référendum sur la constitution européenne. "Faire voter un nouveau référendum, c'est se mettre en situation de faire battre l'Europe et donc de la démanteler" déclare-t-il. Il préconise de doter l'Europe de nouvelles règles institutionnelles "qui lui permettront de mieux fonctionner", avec "un président et une règle de l'unanimité modifiée".

Philippe de Villiers invite à voter pour Nicolas Sarkozy
Le souverainiste Philippe de Villiers, président du MPF (2,23% des voix au 1er tour de la présidentielle), a "invité" ce mercredi "les Français à faire le choix de la droite et de Nicolas Sarkozy pour barrer la route à la gauche" le 6 mai. Dans un premier temps, au soir du premier tour, il avait refusé d'appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour, assurant n'être "pas propriétaire de (ses) voix".

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