Après un deuxième trimestre dynamique, les émissions obligataires se raréfient

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Depuis plusieurs semaines, l'instabilité des marchés financiers dissuade les émetteurs privés de lever des fonds sur le marché obligataire. Atteints d'une forte allergie au risque, les investisseurs refusent en effet d'acheter les titres jugés trop risqués. Au mieux, ils exigent des primes de risque nettement revues à la hausse. Dans ce contexte, si certains veulent déjà croire à une "réouverture" du marché en septembre, les volumes de dette levés entre juillet et septembre auront du mal à atteindre les niveaux du deuxième trimestre. Selon le rapport trimestriel de la Banque des Règlements Internationaux, l'encours d'obligations internationales a doublé en quatre ans et il frôlait les 20.000 milliards de dollars fin juin. Particulièrement dynamique au deuxième trimestre, le marché a accueilli 1.000 milliards de dollars de nouvelles émissions, soit 18% de plus qu'à la même période de 2006. La principale devise d'émission reste la livre sterling, devant l'euro et le dollar. Mais les levées de dette en dollar et en yen enregistrent les augmentations les plus fortes. 40% du total des opérations ont ainsi été libellées en dollar au deuxième trimestre. Quant à la part du yen, en progression constante depuis un an, elle évolue désormais autour de 25 % avec 28 milliards de dollars d'émissions libellées dans la devise japonaise au deuxième trimestre. Ce sont principalement les institutions financières européennes (pour l'équivalent de 8 milliards de dollars) et américaines (14 milliards de dollars) qui ont choisi de lever de la dette en yen, les opérations réalisées par les sociétés japonaises représentant seulement 14% du volume de dette levé. La BRI explique cette vigueur des émissions par le développement des sociétés financières non bancaires, responsables de 48% des opérations internationales, et par l'augmentation des besoins de financement des entreprises. Du côté des économies émergentes d'Amérique latine, d'Asie et d'Europe, les faibles besoins des Etats (leur part est tombée de 57% au troisième trimestre 2004 à 42%) n'ont pas empêché l'activité de rester soutenue. 20 milliards de dollars de dette ont en particulier été émis en Europe émergente, dont un tiers par les institutions financières privées russes.

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