Une semaine marquée par une envolée des cours du pétrole qui déroute les analystes

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A la une de l'actualité cette semaine, les nouveaux records des prix de l'or noir. Les difficultés d'Airbus à revendre deux de ses sites français, les bons résultats d'Alstom, le bras de fer Yahoo!/Microsoft et la candidature d'EDF au rachat de British Energy ont aussi alimenté les débats.

Plusieurs signes rassurants sur les approvisionnements en pétrole n'ont pas empêché les cours du baril d'or noir de dépasser les 126 dollars à New York. Les spécialistes du secteur sont perplexes.

LE PETROLE ATTEINT DE NOUVEAUX RECORDS, MALGRE LE RENFORCEMENT DES STOCKS AMERICAINS ET LA HAUSSE DU DOLLAR

A New York, le baril de WTI s'est envolé pour dépasser les 126 dollars vendredi, à 126,20 dollars. Et à Londres, le baril de Brent en a fait presque autant, à 125,90. Ces nouveaux records ont surpris les analystes qui s'attendaient plutôt avoir les cours de l'or noir se stabiliser. En effet, les stocks américains de produits pétroliers semblent s'être reconstitués. Le département de l'Energie a ainsi indiqué mercredi que les réserves de brut des Etats-Unis avaient augmenté de 5,7 millions de barils (pour atteindre un total de 325,6 millions de barils) la semaine dernière. Les stocks d'essence se sont aussi renforcés sur la même période. En outre, le cours du dollar s'est raffermi ces derniers jours par rapport à l'euro. Or, jusqu'ici, les prix du pétrole grimpaient quand le dollar faiblissait; les analystes s'attendaient donc à ce que la hausse du dollar se traduise par une baisse des cours de l'or noir.

L'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole) s'est par ailleurs exprimée pour tenter d'apaiser les craintes sur les approvisionnements en pétrole. "Il n'y a clairement pas de pénurie de pétrole sur le marché", a affirmé jeudi Abdallah el-Badri, le secrétaire général du cartel avant d'ajouter: "la volatilité récente des prix est due aux événements sur les marchés financiers et à l'afflux d'argent spéculatif". L'Opep a même soutenu qu'elle était disposée "à agir si le marché éprouve le besoin de mesures supplémentaires".

Ces nouvelles rassurantes n'ont pas calmé les marchés inquiétés en début de semaine par de nouveaux sabotages sur des installations pétrolières au Nigeria et par un regain de tension en Iran. La République islamique a en effet répété qu'elle poursuivrait son programme nucléaire malgré l'opposition de la communauté internationale.

AIRBUS RENONCE A VENDRE A LATECOERE LES SITES DE MEAULTE ET SAINT-NAZAIRE

Airbus a indiqué mardi avoir mis un terme à ses discussions avec Latécoère, candidat à la reprise des sites de l'avionneur basé à Méaulte (Somme) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). D'après Latécoère, l'échec de ces négociations est dû à une conjoncture économique défavorable et à la hausse des cours de l'euro. En attendant de trouver un autre repreneur, Airbus va regrouper ces deux usines dans une filiale. Le constructeur aéronautique avait aussi opté pour cette solution de repli pour ces sites allemands qu'il n'était pas parvenu à vendre fin mars. Malgré ces revers, Airbus entend toujours vendre ses centres de Filton (Grande-Bretagne) et de Laupheim (Allemagne).

Toutes ces cessions avaient été annoncées il y a un an, elles s'inscrivaient dans le cadre du lancement du programme de l'A350 XWB. Airbus avait prévu de transférer une partie des coûts de développement du nouvel appareil aux repreneurs des sites (qui seraient restés ses fournisseurs). L'avionneur a donc précisé mercredi qu'il prendrait à sa charge les dépenses liées à l'A350. La filiale d'EADS est aussi en difficulté sur un autre de ses programmes phares: l'A380. Les compagnies aériennes Etihad Airways et Emirates ont été prévenues mardi par Airbus que leurs livraisons du super-jumbo seraient peut-être retardées.

L'ANNONCE DES BONS RESULTATS D'ALSTOM ENTACHEE PAR DES SOUPCONS DE CORRUPTION

Alstom a dévoilé mercredi ses résultats pour l'exercice 2007-2008. Le bénéfice net annuel du groupe d'infrastructures d'énergie et de transport s'élève à 852 millions d'euros, en hausse de 56%. Son chiffre d'affaires a progressé de 19% par rapport à l'exercice précédent pour atteindre 16,908 milliards d'euros. Alstom a également vu sa marge opérationnelle s'améliorer d'un point, à 7,7%. En outre, Alstom a annoncé mercredi avoir remporté en Grande-Bretagne un contrat de 1,8 milliard d'euros pour la vente de trains pendulaires. Fort de ces performances, le groupe français a revu à la hausse ces prévisions à moyen terme. Il espère notamment encore augmenter sa marge opérationnelle à 9% d'ici à 2010. Lors de la conférence consacrée à la présentation de ces résultats, Patrick Kron, le PDG d'Alstom, a dû revenir sur une affaire de corruption qui a éclaté en début de semaine. Le Wall Street Journal a révélé mardi que les justices suisse et française soupçonnaient Alstom d'avoir versé des pots de vin pour obtenir des contrats en Amérique Latine et en Asie entre 1995 et 2003. Patrick Kron a affirmé qu'il ne savait rien de ces "vieilles affaires" et que son groupe collaborait avec les autorités.

YAHOO! IRRITE SES ACTIONNAIRES APRES AVOIR DE NOUVEAU REFUSE L'OFFRE DE MICROSOFT

Deux fonds de pension, qui détiennent un part du capital de Yahoo!, ont décidé lundi de poursuivre en justice le PDG du portail Internet, Jerry Yang, et son conseil d'administration. Le lendemain, c'est Capital Research, le premier actionnaire de Yahoo!, qui a publiquement exprimé sa colère contre la direction du groupe. A l'origine de leur mécontentement: le rejet par Yahoo! de l'offre de reprise présentée par Microsoft. Le week-end dernier, l'éditeur de logiciels a accepté de débourser 5 milliards dollars de plus (soit 47 milliards de dollars en tout) pour mettre la main sur sa cible. Cela n'a pas suffit à Jerry Yang qui réclamait 53 milliards de dollars. Cette intransigeance a été sanctionnée par les marchés: le cours de l'action Yahoo! a perdu 15% lundi à Wall Street. Le PDG de Yahoo! a donc tenté de rassurer les investisseurs en indiquant lundi soir qu'il était "toujours ouvert" à des discussions avec Microsoft.

EDF EST CANDIDAT A LA REPRISE DE BRITISH ENERGIE

Le champion français de l'électricité a reçu mercredi l'aval de son conseil d'administration pour lancer une offre sur British Energy. Le gouvernement britannique a l'intention de céder sa participation de 35,2% dans le capital du premier producteur d'énergie du Royaume-Uni et les candidats avaient jusqu'à vendredi pour présenter leurs propositions. EDF pourrait mettre sur la table entre 9,2 et 10,2 milliards de livres (11,7 et 13 milliards d'euros), d'après le Financial Times. L'allemand RWE, l'espagnol Iberdrola et le britannique Centrica seraient aussi en lice. Le gouvernement anglais a décidé, au début de l'année, de relancer son programme nucléaire en autorisant la construction de nouveaux réacteurs. British Energy, qui détient la majorité du parc nucléaire existant, sera étroitement associé à ce projet. C'est pour cette raison que cet appel d'offre suscite autant d'intérêts.

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