Christian Noyer tente de faire retomber les tensions sur l'euro

Le gouverneur de la Banque de France revient ce matin sur ses propos sur de possibles hausses des taux d'intérêt de la BCE, qui avaient contribué au nouveau record enregistré hier par la monnaie unique, au dessus de 1,60 dollar. L'euro retombe légèrement ce matin.

Les taux d'intérêt de la Banque centrale européenne peuvent évoluer dans les deux sens (et non pas seulement à la hausse): c'est le message que veut faire passer aujourd'hui Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, pour tenter de désamorcer les tensions qui ont poussé hier l'euro à un record historique face au dollar, au dessus de la barre des 1,60 dollar pour un euro.

Dans une interview accordée au Wall Street Journal, Christian Noyer affirme ainsi que "les mouvements (de taux) peuvent aller dans les deux sens. Je ne me lancerais jamais dans une conversation sur l'évolution future des taux d'intérêt, simplement parce que personne ne sait".

Christian Noyer, qui siège au conseil de la BCE, avait fait sensation mardi en affirmant que le problème était de ramener l'inflation sous les 2% l'année prochaine dans la zone euro, où elle a atteint en mars 3,6% sur un an. Et le gouverneur de la Banque de France avait précisé que la BCE bougerait "s'il le faut" ses taux pour cela, signifiant clairement la volonté de la Banque centrale européenne de relever ses taux pour enrayer l'inflation. Des propos qui n'avaient pas peu contribué à la nouvelle flambée de l'euro intervenue hier, qui a porté la monnaie unique pour la première fois de son histoire au dessus de la barre des 1,60 dollar, à 1,6019.

Aujourd'hui, Christian Noyer affirme que "si le FMI a raison lorsqu'il prévoit un affaiblissement de la croissance plus important que les autres prévisionnistes, alors bien sûr la pression à la baisse sur les prix de ce type de produits pourrait être forte et nous pourrions avoir une évolution tout à fait différente de l'inflation".

La BCE, souligne-t-il, insiste "avec force" sur "la nécessité de se pas entrer dans une spirale salaires-inflation", mais, ajoute-t-il, "pour l'instant, je ne vois pas ce type de spirale commencer".

Autre intervention ce matin, celle de Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg, qui a dénoncé la "volatilité excessive des taux de change". "Je n'aime pas la manière dont les choses évoluent", a-t-il déclaré en marge d'une conférence à Luxembourg. Jean-Claude Juncker, qui préside le forum des grands argentiers de la zone euro (Eurogroupe), a également répété qu'à son avis les marchés financiers n'avaient pas bien compris le message adressé par les ministres des Finances des sept principaux pays industrialisés (G7) lors de leur récente réunion à Washington. Ces derniers s'étaient dits préoccupés par la situation sur les marchés des changes, marquée notamment par la glissade du dollar. "L'intention du G7 n'était pas d'aboutir aux résultats que nous avons aujourd'hui", a-t-il dit.

Le message du G7 tendait à faire comprendre que les grands pays industrialisés seraient prêts à enrayer la dégringolade du dollar. Mais le moins que l'on puisse dire c'est que ce message n'a effectivement pas été entendu.

Ce mercredi matin, l'euro marque malgré tout une petite pause, se traitant juste en dessous des 1,60 dollar, à 1,5978 dollar.

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