Les personnels civils de la défense ont manifesté dans toute la France

Le personnel civil du ministère de la Défense, ainsi que les salariés d'entreprises publiques d'armement, ont protesté contre les suppressions de postes et les fermetures de sites envisagées.

Journée d'action ce mercredi pour le personnel civil du ministère de la Défense, ainsi que les salariés d'entreprises publiques d'armement, qui ont manifesté contre la "dimension comptable" de la réforme des armées et les réductions d'effectifs préconisées dans le Livre blanc sur la Défense.

Dévoilé mardi par Nicolas Sarkozy, ce document préconise la suppression de 54.000 postes civils et militaires sur 320.000 d'ici six ou sept ans tandis qu'une réforme de la carte militaire prévoit la fermeture de dizaines de sites, dont "20 ou 30 sites majeurs" en France, selon le ministre Hervé Morin.

Répliquant à ces annonces, les fédérations CGT, CFDT, FO et Unsa de la Défense appelaient les 75.000 agents civils du ministère de la Défense et les salariés d'entreprises publiques de défense à faire grève et à participer à des rassemblements locaux organisés à Paris et en province. Des rassemblements réunissant parfois plusieurs centaines de personnes ont eu lieu à Lyon, Lille, Brest, Cherbourg, Metz, Bordeaux, ...

Des salariés de Nexter (ex-Giat, groupe d'armement) ou DCNS (construction navale) se sont parfois joints aux cortèges comme à Bourges, Brest ou Lyon. Les syndicats de ces établissements publics, qui dépendent en majorité des commandes de l'Etat, redoutent des baisses d'activité. Ches DCNS, 50% du personnel a fait grève selon la direction qui a jugé la mobilisation "relativement importante". La direction de Nexter n'a recensé "aucun mouvement de grève", tandis que le ministère de la Défense a comptabilisé 7% de grévistes.

A Paris, 750 personnes se sont réunies aux abords du ministère de la Défense, avec notamment des délégations de la base aérienne d'Evreux (Eure), de l'Etablissement technique d'Angers (Maine-et-Loire), mais aussi des agents de l'administration centrale.

"Il y a des emplois qui tombent sans qu'on sache pourquoi", a déclaré Jean-Jacques Manach (CFDT) dans le rassemblement parisien, déplorant "la dimension uniquement comptable de la modernisation de la Défense, qui n'est pas fondée sur des objectifs mais sur des économies". Fermetures de sites et suppressions de postes risquent de conduire à des "mobilités forcées" et à une multiplication des "départs anticipés, en fait des licenciements déguisés", s'est inquiété Gilles Goulm, secrétaire général de FO-Defense, première organisation syndicale du secteur.

Les syndicats redoutent également des externalisations qui "nuisent à notre capacité d'assurer la défense", selon Yannick Malenfant (CGT). La réforme prévoit par exemple de confier l'entretien des véhicules militaires à des entreprises privées, une tâche effectuée jusqu'à présent par du personnel militaire.

A Toulon, entre 1.100 (selon la police) et 4.000 (selon les syndicats) manifestants venus de tout le département du Var, qui accueille notamment l'Ecole d'application de Draguignan, le camp militaire de Canjuers, le 54ème régiment d'artillerie de Hyères, ont défilé. Les entrées de l'arsenal ont été filtrées dans la matinée par des manifestants.

A Châteaudun (Eure-et-Loir), une quarantaine de civils de la base aérienne 239 ont également organisé un barrage filtrant, tandis qu'à Rennes une opération escargot a entraîné des ralentissements aux abords de la capitale bretonne. A Lille, 400 personnes ont manifesté derrière un cercueil recouvert du drapeau français et porté par quatre militants dotés d'un brassard noir.

Le plan définitif des sites concernés par les restructurations décidées dans le cadre du Livre blanc sera dévoilé le 3 juillet, par Hervé Morin, ministre de la Défense.

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