Londres cherche à enrayer la crise immobilière

Le gouvernement annonce la suppression du droit de timbre fiscal de 1% sur toutes les achats de maisons d'un prix inférieur à 175.000 livres, ainsi que des prêts à taux zéro pour les ménages les plus modestes.

Le gouvernement britannique a présenté ce mardi des mesures d'un coût total de 1,2 milliard de livres (environ 1,5 milliard d'euros), destinées à freiner la chute des prix de l'immobilier, déjà en baisse de 10% sur un an, et notamment à éviter que les plus faibles n'en subissent trop les conséquences. La mesure la plus visible consiste à supprimer le droit de timbre fiscal de 1% sur toutes les achats de maisons d'un prix inférieur à 175.000 livres, ce qui est à peu près le prix moyen d'un logement dans le pays actuellement.

Le gouvernement a aussi l'intention de consentir des prêts à taux zéro à hauteur de 30% du prix du bien acheté pour les ménages les plus modestes, de relancer le logement social, et a pris différentes mesures pour éviter les saisies immobilières. "Voilà ce que le gouvernement doit faire pour nous aider à surmonter ce qui est une situation difficile et montrer que notre économie est résistante et saura surmonter ces problèmes", a commenté Gordon Brown.

Ces annonces interviennent alors que l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) a placé mardi la Grande-Bretagne au fond de la classe du G7, prévoyant deux trimestres de recul du PIB en fin d'année, soit une récession technique. Un ralentissement "essentiellement dû à la chute des prix observée sur le marché immobilier", a noté Jean-Luc Schneider, directeur adjoint du département économique de l'OCDE.

Les mesures du gouvernement ont été approuvées par certains mardi, comme la banque spécialisée dans le crédit immobilier Halifax, ou la confédération syndicale TUC qui a réussi à y voir "le meilleur de ce qu'on peut attendre attendre d'un gouvernement actif". Mais l'association des experts immobiliers a estimé que le gouvernement n'avait rien fait pour résoudre "l'essentiel", c'est-à-dire la difficulté actuelle d'accéder au crédit immobilier.

L'économiste David Page, du cabinet Investec, a considéré de son côté les mesures annoncées comme une solution à la fois "coûteuse et partielle", tandis qu'Howard Archer, du cabinet Global Insight, estimait qu'elles auraient "un impact général très limité sur le marché immobilier".

L'opposition s'est pour sa part déchaînée une nouvelle fois contre Gordon Brown. Le leader libéral-démocrate Nick Clegg a estimé que le Premier ministre "ne se réveillait que lorsque son propre boulot était en danger", et encore, pour ne faire "qu'inciter les gens à entrer sur un marché immobilier en chute libre", au lieu de "réduire les impôts et libérer quelques milliards de livres pour relancer l'économie".

Le responsable des Finances du cabinet fantôme conservateur, George Osborne, a pour sa part accusé le gouvernement de ne pas avoir été assez économe dans les bonnes années, et de proposer à présent "un plan de survie à court terme du Premier ministre, et non un plan de reprise à long terme de l'économie".

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