Le FMI table sur une "croissance molle" durant tout 2008

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Dominique Strauss-Kahn ne voit pas de "redémarrage véritable" de l'économie mondiale avant 2009. Selon le directeur général du FMI, il y a "de bonnes chances pour que le plus gros de la crise financière soit derrière nous".

L'année 2008 sera bien une année économiquement morose. "Nous prévoyons une croissance molle pendant plusieurs trimestres successifs", a prévenu ce vendredi Dominique Strauss-Kahn (DSK), directeur général du Fonds monétaire international (FMI), ajoutant qu'il n'y aurait "de redémarrage véritable qu'en 2009". "Fin 2008-début 2009 aux Etats-Unis, avec un petit décalage pour l'Europe", a-t-il précisé devant quelques journalistes, en marge d'une réunion des ministres des Finances du G8 à Osaka (Japon), comparant la situation économique non pas "à un V mais plutôt à un U".

Il y a "de bonnes chances pour que le plus gros de la crise financière soit derrière nous mais qu'il est trop tôt pour le dire", d'autant "que le marché immobilier américain continue à baisser, ce qui accroît les risques de pertes pour les banques", a souligné le patron du FMI. Les conséquences de la crise financière, "d'une nature assez nouvelle", sur l'économie réelle" sont elles aussi "nouvelles" et ne sont elles pas terminées. C'est là que les canaux de transmission ont besoin d'être mieux compris", a-t-il insisté.

A propos de la Banque centrale européenne (BCE), qui envisage une légère hausse de ses taux d'intérêt en juillet, il a simplement commenté que "l'inflation était redevenue un problème sérieux" et qu'il était "légitime que les banques centrales y consacrent toute leur attention". "Les banques centrales ont (...) géré la crise aussi bien qu'on pouvait l'espérer. Après, elles ont mené une politique monétaire un peu compliquée dans le cadre de prévisions d'une inflation forte et d'un ralentissement de la croissance", a-t-il commenté, sans vouloir se prononcer plus avant sur les cas américain et européen. L'indépendance des banques centrales "est une réalité importante dans le fonctionnement de l'économie", a-t-il fait valoir.

En référence aux propos de la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, qui a indiqué que le G8 pourrait éventuellement confier une mission au FMI sur la transparence des marchés pétroliers, DSK a estimé que le Fonds "pourrait être lié à une réflexion un peu globale à échéance de deux-trois mois sur ce qu'il faut tirer comme conséquences de la crise financière de 2007/2008".

Il a indiqué que le président Sarkozy lui avait envoyé "une lettre il y a plusieurs mois où se trouvait déjà la question de la répartition de la rente pétrolière. Moi, j'élargis par rapport au simple problème pétrolier". Selon lui la forte hausse des prix de l'énergie est "liée à des effets de jeu entre l'offre et la demande", mais aussi "à l'activité financière".

Si le premier choc pétrolier était dû en grande partie à la "volonté des exportateurs de pétrole de réévaluer la valeur de leurs exportations", les prix de l'or noir flambent en 2008 parce que "nous sommes assez proches de la limite des capacités de production". "Pour produire plus il va falloir investir pour aller exploiter de nouvelles ressources", a noté DSK.

Si, selon lui, les subventions au carburant doivent disparaître, à moyen terme car "il faut que le vrai prix de l'énergie soit traduit au consommateur final", à plus court terme il reconnaît qu'il y a "des parties de la population pour lesquelles le carburant est trop cher" et qu'elles peuvent bénéficier de subventions ciblées voire de "transferts de cash".

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