La Banque de France critique la réduction du temps de travail qui minerait la compétitivité française

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Le rapport annuel de la Banque de France indique que la croissance et le marché de l'emploi dans l'Hexagone restent assez solide. Mais le commerce extérieur apparait comme un point noir. Et elle critique indirectement les 35 heures et la RTT.

La Banque de France a présenté ce mercredi son rapport annuel qui dresse un "tableau contrasté" de l'état de l'économie française.

Dans sa lettre introductive, l'institution souligne que "le rythme de croissance annuel reste pour l'heure proche de 2%, le nombre de demandeurs d'emploi continue de baisser et le marché immobilier ne connaît plus de progressions déraisonnables des prix".

Mais la Banque de France s'inquiète du manque de compétitivité croissant du made in France. "La France enregistre depuis plusieurs années un déficit important de son commerce extérieur qui s'est encore creusé en 2007" souligne-t-elle. certes, elle reconnait que le solde du commerce extérieur "n'est plus une contrainte financière" depuis l'union monétaire européenne mais "il reste un indicateur éclairant des capacités d'une économie à préserver ses capacités concurrentielles".

Et elle enfonce le clou en estimant que "la compétivité-prix de nos industries s'est sensiblement dégradée dans les années récentes". Elle rappelle au passage une vérité trop souvent ignorée : "c'est bien à l'intérieur de la zone euro que se dégradent principalement nos échanges extérieurs".

Si l'institution souligne les effets néfastes - mais ce n'est évidemment pas vrai que pour la France - de la flambée des prix de l'énergie, pétrole en tête - elle lance un pavé dans la mare à l'heure où le gouvernement envisage de détricoter les 35 heures ainsi que la RTT (réduction du temps de travail) et en discute âprement avec les syndicats : "le facteur critique de nos difficultés semble bien être les conséquences diffuses de la réduction du temps de travail" analyse la Banque de France pour qui "la compétitivité française a été affectée par les hausses et les rattrapages de salaires liés à la réduction de la durée du travail, alors même que l'Allemagne, de son côté, touchait les dividendes de plusieurs années consécutives de modération salariale".

Alerte sur la hausse des prix, la BCE mobilisée
Présentant ce rapport annuel, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, également membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, la BCE, a souligné ce mercredi que cette dernière "doit éviter tout dérapage sur l'ensemble de l'indice des prix (...) en ancrant les anticipations d'inflation".

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