Evolution évoquée du capital de CIFG, filiale des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires
La Tribune
La Tribune
Les groupes français Caisse d'Epargne et Banque Populaire sont en négociations avec le Département des assurances de New York pour ouvrir le capital de leur filiale américaine de rehaussement de crédit en difficulté, CIFG, aux banques qui en sont clientes, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.
"La solution privilégiée est de faire en sorte que les banques qui sont +contreparties+ de CIFG (clientes, NDLR) en deviennent actionnaires en convertissant leurs créances en actions", a expliqué à l'AFP l'une de ces sources.
Cette solution, dite de "commutation", est jugée préférable à une nouvelle recapitalisation qui reviendrait à "verser un jerricane d'eau dans le désert", selon cette source.
Une dizaine de banques, dont la française Natixis, prendraient ainsi le contrôle de l'assureur de crédits, ce qui reviendrait pour elles à s'auto-assurer, mais en mutualisant les risques.
Contacté par l'AFP, le Département des assurances n'était pas en mesure de commenter l'information.
Pour éviter que CIFG ne perde sa notation triple A, essentielle à la poursuite de son activité, les deux groupes français ont injecté 1,5 milliard de dollars dans la société en décembre.
Mais cette recapitalisation s'est avérée insuffisante et, confrontées à une nouvelle menace de dégradation de la note, les deux actionnaires ont laissé entendre qu'ils n'entendaient pas la recapitaliser une nouvelle fois.
Suite à cette déclaration, interprétée comme un retrait de leur soutien, CIFG a été reléguée par Moody's puis Fitch parmi les valeurs spéculatives, tandis que Standard and Poor's a abaissé sa note à A- début juin. Les agences s'inquiètent d'une possible liquidation de la société, au bord de la cessation de paiement, par les régulateurs.
Si la solution de la "commutation" n'est pas retenue, les deux groupes pourraient opter pour la "réhabilitation", ce qui revient à gérer les contrats existants jusqu'à leur extinction, sans en conclure de nouveaux, a précisé à l'AFP une autre source.
N'étant pas présent aux Etats-Unis, sinon à travers leur filiale commune Natixis, les deux groupes coopératifs courent peu de risque en termes de réputation.
La conversion de créances en actions a été appliquée récemment au groupe immobilier espagnol Colonial, qui ployait sous les dettes.
Au 30 juin 2007, CIFG apportait sa garantie sur 85,1 milliards de dollars d'obligations, dont les deux-tiers étaient des obligations structurées, comme les CDO, le reste étant des obligations municipales peu risquées. D'après une note publiée par le cabinet spécialisé Credit Sights, le niveau des fonds propres de CIFG n'est actuellement supérieur que de 15 millions de dollars à celui exigé par le régulateur.
La Tribune