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Le patron de France Télévisions, Patrick de Carolis, déclenche la tempête

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Publié le 03 juillet 2008 à 00:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:10

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Le patron du groupe audiovisuel public a réclamé ce mercredi des garanties budgétaires pour France Télévisions du fait de l'arrêt de la publicité. Il qualifie de "stupide" les critiques sur son groupe, y compris celles de Nicolas Sarkozy. Et il évoque à mots couverts son possible départ.

Le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, a estimé ce mercredi sur RTL que "le compte n'y était pas" concernant le financement de la suppression de la publicité dans l'audiovisuel public et déploré les propos très critiques de Nicolas Sarkozy sur la qualité des programmes du service public, lundi soir, à l'occasion de son intervention sur France 3. Selon la presse, qui souligne que "la tension est palpable entre le pouvoir et l'état-major de France Télévisions", Patrick de Carolis aurait employé les mêmes termes - "le compte n'y est pas" - devant les cadres de France 3 réunis mardi en convention annuelle.

"Nous avons tout l'été pour (le) prouver à l'actionnaire", aurait poursuivi le président du groupe audiovisuel public, réclamant des améliorations budgétaires pour le financement du groupe après la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. "A la fin de l'été, courant septembre, nous verrons si le compte y est", a-t-il expliqué sur RTL, ajoutant : "s'il n'y est pas, je prendrai mes responsabilités". En clair, c'est la démission...

Quant aux critiques de Nicolas Sarkozy sur la qualité des programmes, Patrick de Carolis a déclaré en penser "pas du bien. Je ne suis pas d'accord avec lui. Je le lui ai dit d'ailleurs, on s'est expliqué très franchement". "Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste", a-t-il ajouté.

Des propos qui ont aussitôt provoqué de vives réactions au gouvernement et dans la majorité. Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a déclaré à l'issue du conseil des ministres:"il y a certains mots, j'espère - enfin je pense - qui ont dépassé sa pensée. Ce n'est pas normal de prononcer certains adjectifs, comme "stupide" ou autre, ça ce n'est pas possible, vraiment ce n'est pas possible".

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a lui réclamé des "excuses" au patron de France Télévisions, d'ailleurs plus marqué chiraquien (il avait réalisé un livre d'entretien avec Bernadette Chirac, "Conversations", qui avait eu un gros succès) que sarkozyste. Et Frédéric Lefebvre d'ajouter à propos du patron de France Télévisions: "il faut qu'il se souvienne d'une émission du service public que j'ai beaucoup regardée qui s'appelait des chiffres et des lettres (...) ça veut dire que, maintenant, il est temps que l'équipe de Patrick de Carolis se mette au travail sur le contenu".

Patrick de Carolis a reçu un soutien indirect du comité de groupe de France Télévisions qui, à la suite d'une réunion, mardi en séance exceptionnelle, a dit redouter "une crise financière et sociale majeure" pour le groupe, avec la fin prévue de la publicité, dans une motion adoptée par les représentants des salariés de la holding publique et transmise ce mercredi à l'AFP, l'agence France Presse.

Selon cette motion adoptée par 13 voix et une abstention, les pistes évoquées par la commission Copé pour une nouvelle télévision publique, puis par le président de la république "ne permettront pas de garantir le maintien du périmètre du service public et encore moins son développement".

La motion souligne que selon ses signataires, le niveau de compensation est "largement insuffisant". "Il manque au moins 300 millions par an". Et encore à condition que les taxes sur les fournisseurs d'accès Internet et les opérateurs de télécoms, censés compenser en partie cet abandon de la publicité, soient acceptées par Bruxelles.

"Les 140 millions d'euros annuels pour financer les développements ont été jugés irréalistes pour l'année 2009 par la direction générale du groupe" et les 150 millions de dotations en capital "pour solde de tout compte" "ne permettront pas de rétablir les équilibres en 2008", poursuit ce texte.

A propos des interventions du patron de France Télévision hier et aujourd'hui, les élus du comité de groupe disent qu'ils "prennent acte de la position du président Patrick de Carolis. Selon un rapport d'expert indépendant commandé par le comité, "la seule porte de sortie est de maintenir la publicité sur l'ensemble des chaînes et des plages horaires, quitte à envisager son allègement".

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale et surtout de la commission qui a planché, à la demande de Nicolas Sarkozy, sur le projet de fin de la publicité à France Télévisions, a pour sa part affirmé ce mercredi qu'il serait "le garant des engagements sur le financement" de France Télévisions. "Il est normal qu'il y ait des inquiétudes. Mais on ne peut pas dire que le compte n'y est pas. Quand on regarde le rapport précisément -et Patrick de Carolis le sait-, il y a tous les éléments, non seulement pour financer la compensation de la suppression de la pub, mais même pour financer le développement de France Télévisions".

Selon l'Elysée, il faudra renommer les dirigeants de France Télévisions
Ce mercredi, le conseiller spécial de la présidence française, Henri Guaino, a estimé sur RMC qu'"il faudra probablement renommer les dirigeants de France Télévisions" au moment du changement de statut du groupe audiovisuel en une entreprise unique, "probablement avant la fin de l'année". "Mais ça ne veut pas dire que l'équipe en place ne sera pas reconduite d'ailleurs...", a-t-il ajouté. "J'ai entendu le président de la république l'autre jour pendant la remise du rapport Copé renouveler sa confiance à Patrick de Carolis et à Patrice Duhamel pour mener à bien la réforme." Mais c'était avant le coup de colère du patron de France Télévisions.

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