Le réhausseur de crédit CIFG annonce une double restructuration de son portefeuille

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En difficulté, le réhausseur de crédit américain CIFG, contrôlé par les banques françaises Banques Populaires et Caisses d'Epargne, annonce une restructuration de son portefeuille qui devrait lui permettre d'éviter le spectre d'une mise sous tutelle des autorités. Les Banques populaires et la Caisse d'épargne précisent que leur participation sera ramenée à moins de 5% chacune du capital de CIFG à l'issue de l'opération.

Le réhausseur de crédit américain CIFG, contrôlé par les banques françaises Banques Populaires et Caisses d'Epargne, sort la tête de l'eau. Il a annoncé ce mardi être parvenu à un accord pour commuer 12 milliards de dollars de garanties qu'il avait apportées à des émissions obligataires à risques de type CDO (Retrouvez le communiqué de CIFG relatif à cette restructuration en cliquant ci-contre à droite dans la rubrique : "pour aller plus loin").

Cet accord, dont les modalités n'ont pas été rendues publiques, prévoit que CIFG sera délié de ses engagements, en contre-partie du versement d'une somme en liquide et de l'octroi d'une partie de son capital aux émetteurs obligataires qui avaient assuré leurs titres chez lui. Le montant de l'effort consenti par CIFG et la part de son capital qui reviendra à ses clients ne sont pas précisés dans le communiqué du groupe.

CIFG précise que plus de 75% des émetteurs de titres CDO qu'il a garantis ont accepté le principation de cette "commutation". L'opération, dont le principe avait été annoncé à l'AFP à la mi-juin, doit encore recevoir le feu vert des autorités de l'Etat de New York, des Bermudes (où CIFG a son siège) et de France.

L'opération comprend un second volet: CIFG, qui a été relégué parmi les valeurs spéculatives par les grandes agences de notation, va réassurer son portefeuille d'obligations municipales auprès d'un autre rehausseur de crédit, mieux noté. Son nom n'a pas été précisé mais il s'agira d'un rehausseur bénéficiant d'une note d'un niveau "AA", a indiqué CIFG.

Cette seconde transaction permet d'offrir une protection supplémentaire pour les émetteurs d'obligations municipales, dont les risques de non-remboursement sont infimes, comparés à ceux présentés par des obligations de type CDO. Là encore, la commission que devra payer CIFG pour réassurer cette part importante de son portefeuille n'a pas été rendue publique.

Son concurrent FGIC, qui avait annoncé une opération similaire la semaine dernière, en réassurant son portefeuille auprès de MBIA, en avait chiffré le coût à 741 millions de dollars pour 184 milliards de dollars assurés.

"Même si beaucoup de travail reste à faire, c'est un grand pas en avant", a commenté le directeur général de CIFG, John Pizzarelli, cité dans le communiqué. "Lorsque nous atteindrons un accord définitif, il bénéficiera à toutes les parties, tout en ramenant CIFG à la santé financière et en meilleure position pour honorer ses obligations envers ses assures", a-t-il expliqué.

Cette double restructuration du portefeuille de CIFG lui permet d'éviter le spectre d'une mise sous tutelle des autorités. La Caisse d'épargne et les Banques populaires, qui avaient injecté 1,5 milliard de dollars dans la société en décembre, avaient en effet exclu de remettre au pot devant la dégradation du marché du rehaussement de crédit. Dans une brève réaction conjointe publiée à Paris, les Banques populaires et la Caisse d'épargne ont toutefois précisé que leur participation serait ramenée à moins de 5% chacune du capital de CIFG à l'issue de l'opération.

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