Diversification économique : le Gabon veut multiplier par 15 son budget minier en 2026
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Gabon veut faire de son secteur minier un levier de développement durable et de création d’emplois.
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Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Gabon veut faire de son secteur minier un levier de développement durable et de création d’emplois.
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Au Gabon, le gouvernement prévoit de faire passer le budget du ministère des Mines et des Ressources géologiques de 4,56 milliards FCFA (environ 7 millions d'euros) en 2025 à 68,12 milliards FCFA (environ 95 millions d'euros) en 2026, soit un bond de plus de 1 390%. Cette hausse exceptionnelle marque une rupture avec les années précédentes, où le secteur minier national restait sous-financé malgré son potentiel.
Selon le ministère, dirigé par Gilles Nembe qui a fait ses armes au sein de la Comilog, société minière filiale du groupe français Eramet, cette montée en régime « traduit la volonté du gouvernement de faire du secteur minier un levier de développement durable, de création d’emplois et de valorisation des ressources naturelles ».
L’objectif est double : réduire la dépendance aux hydrocarbures et construire une économie productive fondée sur les ressources locales. Ainsi, plusieurs actions prioritaires sont prévues dès 2026, dont la prospection de nouveaux gisements au-delà du manganèse et du fer, la hausse de la production d’or et de manganèse, ainsi que l’élaboration de sept textes d’application de la nouvelle loi minière.
Le ministère compte également mener 244 missions de contrôle auprès des opérateurs, évaluer les ressources aurifères sur les permis de Koumba, Eteke, Minkebe et Konossoville, et interconnecter ses services internes pour mieux piloter le secteur. Cette stratégie vise à repositionner le Gabon sur la carte des acteurs miniers africains, non seulement comme exportateur de minerais bruts, mais aussi comme futur pôle de transformation industrielle.
Pour soutenir cette ambition, les autorités prévoient une série de mesures incitatives destinées aux opérateurs privés, notamment des avantages fiscaux, un appui à la formation, et le renforcement de la recherche géologique. Ces initiatives visent à attirer des investissements structurants tout en promouvant une redistribution locale des richesses à travers l’emploi, la formation et le transfert de compétences.
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Au-delà de la rentabilité économique, cette orientation s’inscrit dans une logique de croissance inclusive et durable. Le ministère affirme vouloir créer un cadre propice à l’émergence d’un écosystème minier moderne, fondé sur la transparence, la performance et « créateur de valeur pour tous ».
Pour rappel, le secteur minier gabonais reste un contributeur modeste à l’économie nationale, s’affichant à 6 % du PIB et 6,4 % des exportations en 2020, selon des chiffres publiés par la Direction générale du Trésor français. Sous l’administration Ali Bongo, un objectif de 10 % du PIB d’ici 2021 avait été évoqué. Bien que l'administration actuelle affiche les mêmes ambitions de développement du secteur, aucun objectif chiffré n’a pour l’heure été évoqué.
Cette orientation minière s’inscrit dans un cadre budgétaire globalement ambitieux. Pour 2026, l’État gabonais prévoit un budget d’environ 7 233,3 milliards FCFA (environ 11,3 milliards €) arrêté en ressources et en dépenses, soit une hausse de 72 % par rapport à 2025.
L’innovation majeure réside dans l’adoption du budget « base zéro », qui impose de justifier chaque dépense selon son impact économique et social. Les investissements publics y occupent une place centrale, aux côtés de la réduction de la dette et du renforcement du capital humain.
Dans ce contexte, la montée en puissance du secteur minier gabonais devrait contribuer à une croissance économique annoncée à 3,6 % en moyenne sur 2025-2027, par la Banque mondiale dans son dernier rapport « Africa’s pulse ». Une prévision qui s’inscrit dans un contexte de ralentissement de la production pétrolière nationale, secteur qui en 2023, représentait encore 25,3 % du PIB, 70 % des exportations et 50 % des recettes publiques. De son côté, le gouvernement gabonais table sur une croissance de 7,9 % en 2026.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin