Pétrole : au Nigeria, Renaissance signe une découverte qui conforte le pari des producteurs locaux
Olivier de Souza, Agence Ecofin

La découverte du puits JK 004 illustre la montée en puissance des producteurs nigérians dans l’offshore.
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Olivier de Souza, Agence Ecofin

La découverte du puits JK 004 illustre la montée en puissance des producteurs nigérians dans l’offshore.
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Renaissance Africa Energy a annoncé une découverte de pétrole offshore sur le bloc OML 74, au Nigeria, marquant sa première réussite exploratoire majeure depuis la reprise des actifs de Shell en 2025. Présentée le 7 juillet lors de la NOG Energy Week à Abuja, la découverte du puits JK-004 confirme le potentiel de la zone, avec environ 1 000 pieds d’intervalles hydrocarburés répartis dans sept réservoirs.
Les premières analyses indiquent la présence de pétrole léger dans des réservoirs de bonne qualité. Renaissance précise que ces résultats confirment le potentiel géologique de la zone et pourraient soutenir de futurs développements commerciaux. La proximité du puits avec des actifs déjà en production constitue également un avantage pour accélérer une éventuelle mise en valeur.
Cette découverte intervient dans un moment stratégique pour Renaissance. En mars 2025, l’entreprise a finalisé l’acquisition d’un portefeuille de 27 actifs auparavant détenus par Shell au Nigeria, dans le cadre du retrait progressif des majors internationales des actifs terrestres et en eaux peu profondes du pays.
L’opération, évaluée à environ 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros), a placé Renaissance au cœur de la transformation du secteur pétrolier nigérian. Le groupe exploite désormais la plus grande coentreprise amont du pays, regroupant 18 licences pétrolières, deux terminaux d’exportation et une unité flottante de production, stockage et déchargement (FPSO) dans le delta du Niger.
Pour Tony Attah, directeur général de Renaissance, le succès du puits JK-004, intervenu peu après la prise de contrôle des actifs, confirme la pertinence de la stratégie d’exploration du groupe. Il estime que cette réussite repose sur la collaboration entre l’entreprise, ses partenaires, les régulateurs et les prestataires techniques.
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La découverte intervient alors que le Nigeria cherche à réorganiser son industrie pétrolière autour d’acteurs nationaux capables de reprendre le relais des majors. Depuis plusieurs années, Shell, TotalEnergies ou encore ExxonMobil ont engagé des cessions d’actifs, notamment dans le delta du Niger, ouvrant un espace aux compagnies locales.
Cette dynamique est soutenue par le gouvernement fédéral, qui veut renforcer le Contenu local et attirer davantage d’investissements domestiques dans l’amont. Selon le Régulateur de l’amont (NUPRC), les entreprises nigérianes assurent désormais entre 50% et 60% de la production nationale de pétrole.
Renaissance figure parmi les acteurs les plus ambitieux de cette nouvelle génération. Le groupe a annoncé un programme d’investissement de 15 milliards de dollars sur cinq ans pour développer ses activités pétrolières et gazières. Il prévoit notamment de lancer 32 projets, dont 22 consacrés au gaz, avec l’objectif de doubler sa production gazière.
L’OML 74, situé dans les eaux peu profondes du delta oriental du Niger, représente une zone stratégique pour le développement futur de la production nigériane. Le bloc abrite déjà plusieurs découvertes non développées, ce qui pourrait offrir des perspectives supplémentaires au-delà du puits JK-004.
Pour Abuja, cette nouvelle découverte arrive alors que le pays cherche à inverser plusieurs années de baisse de production et à atteindre un objectif de 2 millions de barils par jour. L’enjeu dépasse toutefois la seule découverte de nouvelles ressources. Il s’agit désormais de démontrer que les opérateurs nationaux peuvent développer ces actifs à grande échelle et maintenir une production compétitive.
Olivier de Souza, Agence Ecofin