Les Banques multilatérales de développement, la Commission de l’Union européenne et le secteur privé se mobilisent au-delà des attentes de la Côte d’Ivoire pour la réalisation de son nouveau Plan national de développement (PND) qui, d'un coût global de 209 milliards de dollars, devrait faire du pays des Eléphants une économie à revenu intermédiaire de tranche supérieure en 2030, avec une croissance d’au moins 7,2%.En tenant, ces 8 et 9 juillet, les travaux du Groupe consultatif pour le financement du plan de développement national sur les cinq prochaines années (PND 2026-2030), les autorités ivoiriennes visaient la mobilisation de 20 milliards dollars de financements publics, mais elles ont plutôt obtenu 80 milliards de dollars, soit 38,3% du coût global - 209 milliards de dollars – du programme. « C’est environ quatre fois le montant des financements [publics] recherchés », a déclaré le vice-président Tiémoko Meyliet Koné se réjouissant de l’intérêt suscité par le PND auprès des partenaires techniques et financiers africains et internationaux, en l’occurrence la Banque mondiale, le système des Nations Unies, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission de l’Union européenne (UE), mais également la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ou encore Africa 50.
Un partenaire clé
« Ce PND constitue une nouvelle étape de la trajectoire remarquable que connaît la Côte d’Ivoire depuis une quinzaine d’années. L’UE souhaite participer activement dans ce développement tant avec des investissements publics que privés », a déclaré Irchad Razaaly, ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire et représentant le président de la Commission de l’UE Ursula von Der Leyen. Rappelant que Bruxelles a récemment annoncé un soutien de 1 milliard d’euros au prochain cap de développement du pays, le diplomate a souligné le caractère clé du partenariat avec Yamoussoukro démontré à travers les investissements locaux considérables de la Team Europe dans le cadre du Global Gateway.
Industrie, infrastructures, énergie… des projets multi secteurs
Premier producteur mondial de cacao et de noix de cajou, premier producteur africain d’hévéa et disposant d’un important potentiel minier notamment dans l’or, le manganèse ou le nickel - pour ne citer que cela - la Côte d’Ivoire entend maximiser sur ces forces. Ainsi, le PND 2026-2030 est articulé autour de 800 projets touchant aux secteurs de l’agriculture et l’agro-industrie, l’industrie manufacturière, l’énergie, les infrastructures, les industries extractives, l’éducation et la santé, ainsi que la modernisation de l’administration, avec un accent sur tout ce qui est transition énergétique et numérique. Il s’agit notamment de la construction de neuf pôles agro-industriels, du TGV reliant Abidjan à Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo et Ferkessédougou (à l’extrême nord du pays), le chemin de fer reliant San-Pedro au Mali, l’autoroute est-ouest, la centrale de Jacqueville, le Village universitaire d’Adiaké ou encore la Cité de l’innovation et de la culture. Tous ces projets expriment « la volonté du gouvernement de poursuivre la transformation structurelle du pays », a souligné le ministre du Plan et du développement, Souleymane Diarrassouba.