L’Égypte et l’Union européenne ont officialisé un financement de 690 millions d’euros destiné à moderniser et étendre le réseau national d'acheminement d’électricité. Cette opération entre dans le cadre du renforcement de la coopération entre les deux parties, notamment dans la transition énergétique et des initiatives euro-méditerranéennes en faveur des réseaux électriques et des énergies propres.
Le financement, composé d’un appui européen associant prêts et subventions, doit contribuer à moderniser et étendre les infrastructures électriques égyptiennes. Le programme global représente environ 1,6 milliard d’euros, dont près de 44% seront couverts par l’UE. Le solde sera assuré par l’Egyptian Electricity Transmission Company (EETC) et d’autres mécanismes de financement.
L’objectif est de permettre l’intégration de nouvelles capacités énergétiques renouvelables, avec une ambition d’environ 22 GW raccordés au réseau d’ici 2030, un volume correspondant à la consommation d’environ 10 millions de foyers. Ce développement, qui s’inscrit dans une stratégie visant à accroître significativement la part du solaire et de l’éolien dans le mix national dans un contexte de demande électrique en hausse.
Pour permettre cette montée en régime, le programme prévoit la construction de nouveaux postes électriques et le renforcement des lignes de transport à haute capacité. Ces infrastructures doivent faciliter le raccordement des futurs projets, notamment dans les zones de la mer Rouge et du golfe de Suez, qui concentrent une part importante des investissements du pays dans le renouvelable.
Le réseau d'acheminement, un des défis de la transition
La mise en œuvre du programme est prévue entre 2027 et 2030. Le financement sera mobilisé par l’État égyptien via des mécanismes d’emprunt souverain, avec l’appui de la Banque centrale, dans un contexte de diversification progressive des sources de financement international. Cette opération survient par ailleurs dans un contexte d'évolution de la stratégie énergétique du pays.
Au-delà de la production, la principale contrainte concerne désormais la capacité d’absorption du réseau électrique. Les investissements visent à réduire les pertes, améliorer la qualité de l’approvisionnement et renforcer la sécurité énergétique. À terme, ils doivent aussi soutenir une meilleure interconnexion régionale, et positionner l’Égypte dans les futurs échanges d’électricité propre en Méditerranée.
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Début juin, les autorités ont relevé leur objectif d’énergies renouvelables dans le mix électrique à 45% dès 2028, contre 42% initialement prévus pour 2030. Pour accompagner cette évolution, le Caire prévoit également de développer des capacités de stockage, avec un objectif de 14 320 MWh de batteries installées d’ici 2028.
Malgré la progression du renouvelable, le système électrique égyptien reste dominé par les combustibles fossiles, qui assurent environ 87 % de la production. Le solaire et l’éolien n'en représentent encore qu'environ 7 %, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), pour une capacité installée estimée à 9 258 MW fin 2025.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus seulement de produire davantage d’électricité verte, mais de permettre son intégration effective dans le système. Le renforcement du réseau d'acheminement apparaît ainsi comme condition déterminante pour la poursuite de la transition énergétique et la montée en puissance des investissements dans les énergies renouvelables.