La « New Energy Tech » intègre l'IA et la robotique pour moderniser les opérations et renforcer l’efficacité du secteur pétrolier.
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L'État de Libye engage une nouvelle phase de modernisation de son industrie pétrolière, marquée par la quête d’efficacité, le transfert technologique et la montée en compétences locales dans un contexte de reconstruction du secteur énergétique.
La Libye veut intégrer l’intelligence artificielle (IA) au cœur de son industrie pétrolière. Fin mars 2026, selon The Libya Observer, le ministère du Pétrole a lancé « New Energy Tech », une initiative destinée à développer des solutions d’IA et de robotique pour répondre aux défis opérationnels du secteur des hydrocarbures.
Au-delà de l’adoption de nouvelles technologies, le projet vise à accompagner la modernisation d’une industrie redevenue le principal moteur économique du pays tout en réduisant sa dépendance aux fournisseurs technologiques étrangers.
L’initiative entend rapprocher les compagnies pétrolières de l’écosystème technologique libyen. Les entreprises présenteront leurs défis opérationnels à des ingénieurs, développeurs, chercheurs, spécialistes de l’IA, étudiants, start-up et équipes de robotique, chargés de concevoir des solutions innovantes.
Les projets retenus deviendront des prototypes, testés au sein des compagnies pétrolières puis, le cas échéant, déployés à grande échelle. Les porteurs de projets pourront également créer des entreprises technologiques et bénéficier d’un accompagnement financier et médiatique. L’objectif est d’améliorer l’efficacité et la prise de décision, de réduire les coûts et émissions, et de favoriser l’émergence d’acteurs locaux capables de proposer des solutions adaptées au secteur énergétique.
Une industrie pétrolière engagée dans sa modernisation
Le lancement de cette initiative intervient alors que l’industrie pétrolière libyenne connaît son redressement le plus marqué depuis plus d’une décennie. En mai, la société publique du pétrole (NOC) a généré près de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) de revenus, son meilleur résultat mensuel en dix ans. Quelques semaines auparavant, la production nationale avait atteint 1,43 million de barils par jour, son niveau le plus élevé depuis plus d’une décennie.
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Cette reprise s’appuie sur plusieurs réformes engagées récemment. La Libye a adopté son premier budget unifié en 13 ans afin de soutenir les investissements de la NOC, relancé ses premiers appels d’offres d’exploration en 17 ans et engagé des réformes internes destinées à accélérer la prise de décision et à améliorer l’efficacité de la compagnie nationale.
Les ambitions vont plus loin. La NOC table sur une production de 1,6 million de barils par jour d’ici fin 2026 et une capacité de 2 millions de barils par jour d’ici 2030.
Le pétrole, secteur prioritaire pour le déploiement de l’IA
L’initiative « New Energy Tech » s’inscrit dans une stratégie nationale plus large. Début juin, le gouvernement a lancé sa première Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle 20262030 ainsi qu’une Charte d’éthique de l’IA.
La feuille de route prévoit notamment la formation de 10 000 professionnels, le soutien à 100 start-up spécialisées, l’utilisation de solutions d’IA par 80% des administrations publiques, ainsi que le développement d’infrastructures numériques et de nouvelles instances de gouvernance dédiées à l’IA.
Le gouvernement reconnaît toutefois plusieurs faiblesses structurelles, notamment l’absence d’une autorité nationale dédiée, la fragmentation du cadre réglementaire, le manque de données exploitables et l’insuffisance des compétences spécialisées. Dans ce contexte, le secteur pétrolier apparaît comme l’un des premiers domaines d’application de cette stratégie. Son poids dans l’économie, les investissements qu’il mobilise et les défis opérationnels auxquels fait face l’industrie pétrolière en font un terrain privilégié pour expérimenter ces nouveaux outils.