L'Europe renforce son partenariat économique avec les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles

Muriel EDJO, Agence Ecofin

L’UE conclut son premier accord de libre échange complet avec des partenaires d’Afrique subsaharienne.
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Muriel EDJO, Agence Ecofin

L’UE conclut son premier accord de libre échange complet avec des partenaires d’Afrique subsaharienne.
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L’Union européenne (UE) et quatre États d’Afrique orientale et australe (ESA4) — les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles — ont conclu le 10 juin dernier les négociations portant sur la modernisation de leur Accord de partenariat économique (APE) existant, transformé en un accord de libreéchange moderne. Audelà du commerce de marchandises — déjà couvert par l’APE intérimaire —, le nouvel accord étend son champ d’application aux services, aux investissements, au commerce numérique et à la coopération sectorielle.
Parmi les avancées notables, l’accord établit un cadre moderne et prévisible en matière de propriété intellectuelle, couvrant l’ensemble des grandes catégories de droits. Il prévoit notamment la protection de 135 indications géographiques européennes à Madagascar, Maurice et aux Seychelles, après une période de transition. Sur le volet numérique, les parties s’engagent à faciliter les transactions électroniques sans droits de douane sur les transmissions numériques et à renforcer la protection des consommateurs en ligne. L’accord contient également des dispositions contraignantes sur le développement durable, incluant les droits du travail, la protection climatique — avec l’Accord de Paris érigé en élément essentiel — ainsi que l’égalité de genre et la conduite responsable des entreprises.
Selon le commissaire européen au Commerce et à la Sécurité économique, Maroš Šefčovič, cet accord avec les Comores, Madagascar, Maurice et les Seychelles constitue le premier accord de libreéchange moderne et complet conclu avec des partenaires d’Afrique subsaharienne, et représente une étape historique dans les relations UEAfrique. Dans un contexte de recomposition des alliances commerciales mondiales, l’UE affirme ainsi sa présence sur un continent où la concurrence des puissances émergentes — Chine, Turquie, Golfe — s’intensifie. L’accord vise notamment à renforcer les chaînes d’approvisionnement et à les rendre plus résilientes, tout en soutenant la croissance économique et la création d’emplois.
Sur le plan économique, les données chiffrées traduisent un partenariat déjà bien établi. « En 2024, les échanges commerciaux totaux de biens et de services entre l’UE et l’ESA4 se sont élevés à 9,7 milliards d’euros, dont 5,2 milliards d’euros d’importations de l’UE et 4,5 milliards d’euros d’exportations de l’UE. Les services représentaient 58 % des échanges commerciaux totaux de l’UE avec l’ESA4, tandis que les biens en représentaient 42 %. En 2025, les importations de l’UE en provenance de l’ESA4 se composaient à 27 % de produits agricoles, à 31 % de produits de la pêche et à 42 % de produits industriels. Les exportations de l’UE vers l’ESA4 étaient dominées par les machines et équipements (31 %), suivis des produits agricoles (23 %) et des produits chimiques (16 %), ainsi que d’autres produits manufacturés et semifinis. Les échanges commerciaux avec les États de l’ESA4 ont connu une croissance régulière ces dernières années », affirme l’UE.
L’accord renforcé entend consolider ces flux tout en ouvrant de nouveaux secteurs à la coopération économique.
La conclusion de cet accord marque l’aboutissement de plus de six années de négociations. C’est en octobre 2019, à Maurice, que l’UE et les États ESA avaient officiellement lancé les discussions sur l’approfondissement de l’APE intérimaire alors en vigueur. Le groupe ESA4 tel que constitué aujourd’hui — après le retrait du Zimbabwe, dont les négociations se poursuivent séparément — représente un marché diversifié d’environ 36 millions de personnes.
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Les Comores et Madagascar font partie des pays les moins avancés, tandis que Maurice est un pays à revenu intermédiaire supérieur et les Seychelles un pays à revenu élevé. Le taux de croissance moyen du PIB réel de la région devrait s’établir à environ 3,6 % en 20262027, Madagascar affichant la croissance la plus forte, avec plus de 4 %.
Les textes négociés seront publiés prochainement. Ils devront ensuite suivre les procédures internes avant que la Commission soumette au Conseil une proposition de signature et de conclusion. L’accord requerra également le consentement du Parlement européen pour entrer en vigueur. Les parties pourront, dans l’intervalle, décider de l’appliquer à titre provisoire. L’APE renforcé restera ouvert à l’adhésion d’autres États membres d’Afrique orientale et australe, les négociations avec le Zimbabwe étant toujours en cours.
Muriel EDJO, Agence Ecofin
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