Eskom a conçu 17 projets prioritaires d’énergies renouvelables et de stockage sur le périmètre de ses centrales à charbon, avec une capacité cumulée visée de 6 GW d’ici 2030.
En Afrique du Sud, les autorités cherchent à renforcer le poids du renouvelable dans un mix énergétique encore dominé par le charbon. Cette ambition s’appuie aussi bien sur les producteurs indépendants du secteur que sur l’opérateur public principal.
Eskom, la compagnie publique d’électricité sudafricaine, a reçu le jeudi 16 juillet l'agrément pour sa filiale positionnée sur le segment des énergies renouvelables, Eskom Green. Cette approbation s’inscrit dans le cadre du Public Finance Management Act (PFMA), qui permet désormais à cette filiale d’exister officiellement comme entité détenue à 100% par le groupe.
Créée en juin dernier, Eskom Green est chargée de développer, financer et exploiter des centrales d'énergies renouvelables à grande échelle. Son rôle est de concentrer tout le portefeuille renouvelable d’Eskom, avec une double vocation industrielle et commerciale.
D’un côté, elle doit porter les nouveaux projets solaires, éoliens et de stockage, en s’appuyant sur des capacités de mobilisation de capitaux et de compétences externes, et de l’autre, elle doit structurer une offre d’électricité verte destinée aux grands consommateurs, via des contrats d’achat d’électricité (PPA) bilatéraux.
Une transition énergétique à marche forcée
Pour Eskom, il s’agit d’une nouvelle étape dans une stratégie visant à redorer son image, longtemps associée aux centrales au charbon vieillissantes et constamment en panne. Dans un pays qui est soumis à l’impératif d’une transition énergétique, le fournisseur public d’électricité a notamment annoncé en mai dernier, la construction d’une centrale photovoltaïque de 75 MW sur le site de la centrale au charbon de Lethabo dans la province du Free State, pour un coût de 1,2 milliard de rands (environ 64,1 millions d'euros).
Une fois opérationnelle, l’installation devrait produire environ 147 GWh d’électricité verte par an, soit de quoi alimenter près de 60 000 foyers sud-africains. Cette centrale s’inscrit par ailleurs dans une dynamique plus vaste. Eskom a en effet conçu 17 projets prioritaires d’énergies renouvelables et de stockage sur le périmètre de ses centrales à charbon, avec une capacité cumulée visée de 6 GW d’ici 2030. À plus long terme, le groupe vise un pipeline pouvant atteindre jusqu’à 32 GW de capacités renouvelables et de stockage d’ici 2040.
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Cette montée en puissance vient compléter un paysage énergétique dans les renouvelables qui bouillonne depuis une décennie avec l’émergence des producteurs indépendants d’électricité qui déploient des projets à grande échelle dans le cadre du programme public REIPPPP (Renewable Energy Independent Power Producer Procurement Programme), lancé en 2011.
Parmi ces acteurs, Mulilo s’est positionné comme l’un des développeurs de référence, avec un programme d’investissements d’environ 801 millions d'euros, (5 milliards de rands ) annoncé en mars dernier pour accélérer le déploiement de centrales solaires, éoliennes et de stockage. Cette enveloppe servira à financer la construction de trois grandes centrales solaires photovoltaïques, ainsi que d’un système de stockage par batteries (BESS), pour une capacité supplémentaire de 716 MW destinée à alimenter le réseau national.
Pour rappel, selon les données de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Afrique du Sud affichait en 2025, une capacité totale installée en renouvelables de 16,5 GW, soit la plus importante puissance du continent africain. Dans le cadre de son Plan intégré des ressources énergétiques (IRP 2025), le pays veut ajouter 5,6 GW de nouvelles capacités renouvelables d’ici 2030, puis 21 GW à l’horizon 2035, avant d’atteindre 32 GW en 2040.