L'enveloppe doit soutenir l'implication de Shoreline dans l’exécution d’un contrat EPC visant à accroître la production du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz.
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Pétrole : le nigérian Shoreline obtient un financement d’Afreximbank pour un projet majeur en Algérie
L’Afrique cherche à renforcer ses capacités industrielles dans l’énergie en s’appuyant davantage sur des entreprises capables de réaliser des infrastructures complexes, alors que le développement de nouveaux projets reste conditionné par l’accès aux financements et aux expertises techniques.
Le groupe nigérian Shoreline Power bénéficiera d’un financement de 200 millions de dollars soit environ 175 millions d’euros de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), pour renforcer sa participation au développement du champ pétrolier de Hassi Bir Rekaiz, en Algérie. Cette enveloppe doit soutenir son implication dans l’exécution d’un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) de 980 millions de dollars (environ 859 millions d’euros) destiné à accroître la production du site.
Deux volets
Dévoilé le 20 juillet, le financement profitera à Shoreline et à ses co-emprunteurs, dont Arkad SpA, un contractant italien majoritairement détenu par le groupe nigérian. Il couvrira la participation d’Arkad dans le contrat EPC attribué par Groupement Hassi Bir Rekaiz (GHBR), une coentreprise réunissant le groupe public algérien Sonatrach, la compagnie thaïlandaise PTTEP et l’espagnole CEPSA.
La facilité repose sur deux volets. Une première tranche de 110 millions de dollars soit environ 96,4 millions d’euros servira à financer les garanties de performance, les garanties de paiement anticipé ainsi que les besoins en fonds de roulement liés au projet. Une seconde enveloppe de 90 millions de dollars - environ 79 millions d’euros - prendra la forme d’une facilité renouvelable destinée à accompagner Shoreline et ses filiales dans de futurs projets liés aux pipelines et aux infrastructures énergétiques.
Hassi Bir Rekaiz, projet stratégique pour la production algérienne
Situé dans le bassin de Berkine, dans le sud-est de l’Algérie, Hassi Bir Rekaiz constitue l’un des projets majeurs de Sonatrach pour renforcer ses capacités nationales d’hydrocarbures. La deuxième phase de développement prévoit notamment la construction d’une nouvelle unité centrale de traitement ainsi que des installations destinées au traitement du pétrole brut, du gaz associé et des eaux de production.
L’objectif est d’augmenter progressivement la capacité de production du champ, actuellement estimée à environ 13 000 barils par jour, pour atteindre entre 50 000 et 60 000 bp à terme. Cette hausse doit permettre à l’Algérie d’accroître son offre pétrolière et de renforcer ses revenus issus des exportations d’hydrocarbures.
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Le développement de Hassi Bir Rekaiz s’inscrit dans la stratégie de Sonatrach visant à maintenir le niveau de production du pays grâce à de nouveaux investissements dans les bassins du sud. Une première phase du projet avait permis la mise en exploitation du champ en 2022, tandis que cette nouvelle étape doit accélérer la valorisation des ressources du bassin de Berkine.
Au-delà de son impact sur la production pétrolière algérienne, l’opération porte un enjeu industriel plus large. Elle traduit la volonté d’Afreximbank de renforcer la capacité des entreprises africaines à réaliser de grands contrats énergétiques et à participer davantage au développement des infrastructures du continent.
Afreximbank mise sur l’émergence de champions africains
Pour la banque panafricaine, ce financement constitue une application concrète de son initiative dédiée aux entreprises africaines d’ingénierie et de construction (EPC Initiative). Le programme vise à fournir aux groupes du continent les moyens financiers et techniques nécessaires pour concourir sur des projets d’envergure.
L’opération marque également une première pour Afreximbank, qui finance pour la première fois un entrepreneur d’Afrique subsaharienne engagé dans un projet majeur en Afrique du Nord. La banque y voit un exemple de coopération industrielle entre différentes régions du continent et un modèle pouvant être reproduit sur d’autres infrastructures énergétiques.
Le projet devrait générer environ 6 000 emplois, soutenir les chaînes d’approvisionnement locales et favoriser le transfert de compétences dans les métiers liés à l’ingénierie énergétique.