Alors que l’Afrique entend s’industrialiser massivement, le transfert de technologie est souvent considéré comme fondamental sur ce continent qui attire tant d’investissements étrangers. Mais selon des experts, il serait surtout déterminant de créer un écosystème local dont le cœur battant réside dans la recherche et développement. Explications.La future usine de Safran près de Casablanca dédiée à l’assemblage de moteurs d’avions est une énième illustration de la coopération industrielle entre les pays africains et leurs partenaires, en l’occurrence le Maroc et la France. Cet investissement direct étranger (IDE) de 320 millions d’euros de la multinationale tricolore est considéré comme un deal « gagnant-gagnant » par les différentes parties, en raison des avantages tirés à la fois par le constructeur aéronautique (avantages fiscaux, mains d’œuvre à moindre coût, infrastructures modernes…) et par le royaume avec notamment la création de 2 000 emplois sur les cinq prochaines années, laquelle implique un certain transfert de technologie industrielle, tout en donnant un coup de pouce considérable aux exportations du pays nord-africain.
Ce lien entre l’essor industriel et le transfert de technologie par les IDE a - plusieurs fois - fait l’objet d’études qui encouragent les multinationales à effectuer un transfert de technologie, afin de favoriser la montée en compétences des talents locaux et créer un impact tangible en termes de développement industriel et économique. Abdelkader Elkhider, enseignant-chercheur à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech a dirigé une étude qui se penche sur le cas du Maroc avec un zoom sur le secteur de l’automobile. « Au cours des dernières décennies, […] le transfert de technologie via les IDE au Maroc a joué un rôle substantiel dans la transformation économique du pays, contribuant […], à sa croissance, au développement de son industrie […] et à sa compétitivité sur les marchés internationaux », explique l’expert, concluant toutefois sur la nécessité pour le pays de « persévérer dans ses efforts pour maximiser les avantages de ce processus, en investissant davantage dans l’éducation, la recherche et l’innovation […] pour attirer un flux constant d’investissements étrangers ».
Les gouvernements face au « risque du siècle »