Le Burkina Faso finance un nouveau cycle de croissance

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Signature de l’accord cadre Burkina Faso–ITFC à Bakou.
Photo DR

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Signature de l’accord cadre Burkina Faso–ITFC à Bakou.
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Le Burkina Faso et la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), branche de la Banque islamique de développement (BID), ont renouvelé leur partenariat de financement en Azerbaïdjan. Le 19 juin 2026 à Bakou, Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, et Adeeb Yousuf Al Aama, directeur général de l’ITFC, ont signé un accordcadre de 1 milliard USD (environ 879 millions EUR) pour la période 2026–2030. Ce financement cible les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de la santé et du développement du secteur privé, en cohérence avec le Plan national de développement « Relance ».
L’agriculture, pilier de l’économie, contribue à plus de 30% du PIB et fait vivre près de 80% de la population active. Entre 2020 et 2024, les rendements ont progressé de 3,5 points pour les céréales, 6,9 points pour les cultures de rente et 5,4 points pour les cultures vivrières. Mais la productivité demeure insuffisante pour assurer la sécurité alimentaire. Les aléas climatiques, le faible accès aux intrants, le déficit d’irrigation et de mécanisation ainsi que les difficultés de financement continuent de peser sur le secteur.
L’énergie reste un défi majeur pour la compétitivité. Le coût du kWh demeure élevé, atteignant 139,39 FCFA (0,21 euro) en 2024 contre 134,52 FCFA en 2023. Les infrastructures restent vieillissantes et le pays importe encore près de 49% de son électricité, ce qui fait de la souveraineté énergétique une priorité.
Dans le secteur de la santé, les autorités souhaitent renforcer l’offre de soins. Malgré l’amélioration de certains indicateurs, notamment le taux de mortalité intra-hospitalière et celui de la mortalité maternelle, l’accès aux structures sanitaires demeure inégal. L’augmentation de l’incidence des maladies non transmissibles, le manque de personnel qualifié et les mortalités néonatale et infantile restent des défis persistants.
Pour le développement du secteur privé, l’accès au crédit reste difficile pour les PME. Entre janvier et septembre 2025, le crédit au secteur privé a reculé de 4,6% selon le FMI, tandis que les créances douteuses représentaient 11,6% des prêts. L’accord prévoit des lignes de financement et des garanties destinées aux banques locales afin de soutenir les PME et les exportateurs.
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Le nouveau financement représente environ 3% du PIB nominal du Burkina Faso, estimé à 28,3 milliards d'euros en 2026. Au-delà du montant, son impact dépendra de sa capacité à réduire les contraintes structurelles qui freinent la croissance, dans un contexte où l’insécurité continue de limiter les investissements directs étrangers.
Depuis le démarrage de ses opérations au Burkina Faso en 2008, l’ITFC a approuvé près de 3 milliards d'euros de financements. L’agriculture représente 45% du total des approbations, tandis que l’énergie en représente 50%.
Muriel EDJO, Agence Ecofin