La modernisation du rail égyptien a fait surgir un besoin moins visible que les rames, celui d'une main-d'œuvre locale capable de faire fonctionner les services. La France, déjà présente dans le financement et l'exploitation, développe aussi sa coopération sur le terrain de la formation technique.
La France et l’Égypte ont signé le mercredi 24 juin, deux lettres d’intention en vue de créer des écoles de technologie appliquée dans le secteur des transports. Ces textes rappellent que la coopération franco-égyptienne dans le ferroviaire ne porte plus seulement sur les financements, les équipements ou l’exploitation des réseaux, mais aussi sur la constitution d’un vivier de techniciens et d’ingénieurs locaux capables d’accompagner les grands chantiers engagés par Le Caire.
Les lettres d’intention paraphées cette semaine font partie d’un ensemble plus large d’accords entre les deux pays, couvrant l’éducation, la santé, l’industrie verte et l’appui aux petites et moyennes entreprises (PME). Elles interviennent un peu plus d’un an après la visite d’Emmanuel Macron en Égypte, en avril 2025, à l’issue de laquelle Abdel Fattah al-Sissi avait cité, parmi les axes du nouveau partenariat stratégique franco-égyptien, le développement d’une industrie ferroviaire locale ainsi que la formation technique et professionnelle.
Des besoins croissants
La première école doit être établie au sein de l’Institut ferroviaire de Wardan, l’un des lieux historiques de formation du secteur en Égypte. La seconde est prévue en partenariat avec le groupe français RATP, déjà présent dans l’exploitation du métro du Caire. L’objectif affiché est de faire progresser l’enseignement technique et de former des diplômés qualifiés capables de répondre aux besoins du marché du travail.
Cette orientation s’inscrit dans un travail plus large engagé avec l’Agence française de développement (AFD) et SNCF International, qui a déjà identifié des besoins de formation dans la maintenance du matériel roulant, de la voie, de la signalisation, ainsi que dans les systèmes de sécurité et de qualité. L’AFD a d’ailleurs lancé cette année un projet d’accompagnement du dispositif de formation professionnelle égyptien dans le ferroviaire, destiné à structurer le dialogue sur les compétences entre pouvoirs publics et secteur privé.
Le partenariat avec la RATP répond à une logique complémentaire. La filiale locale du groupe français exploite et maintient déjà la ligne3 du métro du Caire, devenue l’un des symboles de la coopération franco-égyptienne dans les transports urbains. En s’associant à une école de technologie appliquée, l’opérateur peut contribuer à diffuser des standards d’exploitation, de maintenance, de sécurité et de relation usagers, tout en adaptant ces savoir-faire au marché égyptien.
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Transformation profonde
Depuis plusieurs années, l’Égypte a engagé une transformation profonde de ses transports ferroviaires et urbains. Le plus emblématique reste le réseau à grande vitesse de 2 000 kilomètres, dont l'exploitation et la maintenance s’inscrivent dans contrat prévoyant qu'environ 95 % des effectifs soient égyptiens et capables, à terme, de faire fonctionner le système de manière autonome. S'y ajoutent le monorail du Caire, dont la ligne Est-Nil a ouvert aux voyageurs en mai 2026, et l'extension du métro du Caire, avec la première phase de la ligne 4 en chantier.
Les prochains mois permettront de voir si les intentions seront transformées en dispositifs opérationnels. Le calendrier de création des deux écoles, leur financement et le nombre d’apprenants visés seront des indicateurs à surveiller. Les réseaux à grande vitesse, monorail et métro montent en puissance dans les prochaines années, alors que la formation d'un technicien ou d'un ingénieur ferroviaire se compte elle aussi en années. L’enjeu pour Le Caire sera de réduire sa dépendance aux opérateurs et formateurs étrangers à mesure que son réseau s'étend.