Le programme prévoit de renforcer les compétences techniques et professionnelles des jeunes, de développer les certifications, et d'améliorer les services d'accompagnement vers l'emploi.
Le Groupe de la Banque mondiale lance une nouvelle initiative régionale destinée à rapprocher les systèmes de formation des besoins du marché du travail en Afrique de l’Ouest et du Centre. Baptisé SIRA, le programme mobilise plus de 580 millions d'euros dans sa première phase, afin d'améliorer l'accès des jeunes à des compétences recherchées par les entreprises, et de faciliter leur insertion professionnelle.
Le Groupe de la Banque mondiale a annoncé l'approbation du programme régional SIRA (Skills for Innovation, Resilience and Aspirations), une initiative qui vise à répondre au déficit de compétences auquel sont confrontés les marchés du travail d'Afrique de l'Ouest et du Centre. Dans cette première phase, le dispositif bénéficie d'un financement de 642 millions USD (environ 562 millions d’euros), et concernera dans un premier temps le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire et la Guinée. L'objectif affiché est de toucher 5,4 millions de jeunes, avec une attention particulière portée aux femmes et aux personnes déscolarisées.
Le programme prévoit notamment de renforcer les compétences techniques et professionnelles des jeunes, de développer les certifications, de favoriser les passerelles entre les établissements de formation et les entreprises, ainsi que d'améliorer les services d'accompagnement vers l'emploi. Il s’appuie sur une coopération régionale afin de permettre aux pays participants de partager leurs expériences, d'harmoniser certains dispositifs de formation et de développer des compétences répondant aux besoins des secteurs économiques en croissance.
Construire un écosystème
Au Cap-Vert, SIRA soutiendra l'amélioration des résultats de l'enseignement, le développement des certifications professionnelles ainsi que l'accès des jeunes âgés de 15 à 35 ans aux secteurs porteurs de l'économie. Une attention particulière sera accordée aux jeunes vulnérables et à ceux ayant quitté précocement le système scolaire.
En Côte d'Ivoire, le programme prévoit notamment d'améliorer la qualité des formations, de renforcer les liens avec le secteur privé et d'élargir l'accès aux compétences répondant aux besoins du marché du travail, dans un contexte où le pays cherche à accélérer son industrialisation et à développer davantage de chaînes de valeur locales. Dans cette logique, le pays vient de se doter d’un système d’information sur le marché du travail (SIMT), une plateforme nationale de référence pour la collecte, l’analyse et la diffusion des données relatives à l’emploi, à la formation et aux compétences.
Enfin, en Guinée, l'accent sera mis sur l'amélioration de l'employabilité des jeunes, le renforcement des dispositifs de formation et l'accès à des opportunités professionnelles plus nombreuses, notamment pour les populations les plus vulnérables. Le pays a de son côté adopté une politique nationale de l’emploi 2024 - 2030, centrée sur la promotion d’emplois productifs et le renforcement de l’inclusion
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Selon la Banque mondiale, l'objectif est de construire un véritable écosystème reliant les établissements d'enseignement, les centres de formation professionnelle, le secteur privé et les services publics de l'emploi afin d'améliorer durablement les perspectives d'insertion des jeunes.
Une réponse à un défi structurel
Pour la Banque mondiale, la faiblesse des passerelles entre l'école et le marché du travail constitue aujourd'hui l'un des principaux freins à la création d'emplois de qualité dans la région. Chaque année, près de 6 millions de jeunes y arrivent sur le marché du travail, alors que les systèmes d'éducation et de formation peinent encore à fournir les compétences recherchées par les employeurs.
« SIRA aidera les jeunes à acquérir des compétences adaptées aux besoins du marché du travail, à entrer en relation avec les employeurs et à accéder à de meilleures opportunités d'emploi », souligne l'institution dans son communiqué. Cette première phase pourrait ensuite être élargie à d'autres pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre, dans le cadre d'une montée en puissance progressive de cette nouvelle plateforme régionale dédiée au développement des compétences et à l'emploi des jeunes.