Avec un capital initial prévu d’un milliard de dollars, le fonds souverain en gestation en Guinée devrait contribuer à transformer structurellement une économie qui carbure à des sommets de croissance - projetée à 9% en 2026, en renversant la tendance à l’export massif des ressources minières brutes.C’est l’un des projets les plus importants actuellement portés par les autorités du pays. Le Fonds souverain de développement de Guinée (FSDG) devrait voir le jour avant la deuxième moitié de l’année en cours. Et « les préparatifs vont bon train », nous fait savoir Binta Barry, responsable de la formation pour le FSDG. Le projet de loi de création de cet instrument financier est en cours d’examen. Pensé dans le cadre de la stratégie nationale « Simandou 2040 » - programme transformateur qui vise l’émergence du pays à travers l’exploitation de l’un des plus grands gisements de fer à haute teneur inexploité au monde, le Fonds souverain sera doté d’un capital prévu d’un milliard de dollars. Il sera alimenté non seulement par les revenus issus de l’exploitation du gisement de fer de Simandou et des autres exploitations minières (bauxite et autres), mais aussi par les investisseurs privés guinéens et internationaux intéressés.
Quand Conakry s’inspire d’Oslo
Si le projet du Fonds souverain guinéen a été dévoilé officiellement l’année dernière, il est pourtant en discussion depuis près de deux ans. Dans sa démarche, la Guinée a décidé de s’inspirer de la Norvège dont le Fonds souverain, appelé Government Pension Fund Global (GPFG) et alimenté par les revenus pétroliers et gaziers de l’Etat, est le plus grand au monde devant les Chinois et les Emiratis. Considéré par les experts comme « le plus exemplaire » du globe, il a la particularité d’avoir investi la rente pétrolière norvégienne dans plus de 8 500 entreprises à travers le monde, ce qui lui confère plus 2 000 milliards d’actifs début 2026, soit 1,5% des actions actuellement cotées mondialement, selon les données dévoilées par son gestionnaire.
« La Guinée est à un tournant décisif »
Plusieurs missions ont été effectuées entre les capitales Conakry et Oslo dans le cadre de cette collaboration qui intègre la formation et le conseil stratégique, au bénéfice des institutions publiques, y compris la Banque centrale. « La Guinée est à un tournant décisif », déclarait la ministre de l’Economie et des Finances Mariama Cire Sylla, à l’issue d’une rencontre avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, lors des récentes Réunions de printemps à Washington. « Les revenus de Simandou 2040, a-t-elle poursuivi, doivent contribuer à poser les jalons solides d'un programme stratégique et impactant pour chaque Guinéen. Nous nous donnerons les moyens de réaliser cette noble et exaltante ambition avec le soutien, les conseils et l'accompagnement de nos partenaires techniques et financiers ».