Cameroun : le britannique Savannah Energy veut céder 50% du projet hydro-solaire Bini

Chutes d'eau du projet hydroélectrique Bini à Warak, situé sur la rivière Bini
@Savannah Energy

Chutes d'eau du projet hydroélectrique Bini à Warak, situé sur la rivière Bini
@Savannah Energy
Dans son rapport annuel 2024, Savannah Energy PLC indique qu’elle « prévoit de réduire d’environ 50% sa participation dans le projet Bini à Warak avant la clôture financière afin d’introduire de nouveaux partenaires en fonds propres ». L’entreprise explique que cette opération a pour but de renforcer la structure du capital et d’assurer la solidité financière du projet à l’approche de la phase de construction.
La société ajoute que le projet Bini à Warak a désormais atteint une phase avancée de développement et qu’un accord conjoint avec le gouvernement camerounais, destiné à remplacer le protocole initial signé en avril 2023, devrait être conclu sous peu. Savannah présente également cette initiative comme un jalon de sa stratégie dans les énergies renouvelables.
Le projet Bini à Warak prévoit la construction d’une centrale hydroélectrique combinée à une composante solaire pour une capacité installée totale de 95 MW, selon les données publiées par Savannah Energy. L’ouvrage sera érigé sur la rivière Bini, dans la région de l’Adamaoua, et comprendra un barrage principal, un réservoir, une centrale et un dispositif de raccordement au réseau interconnecté nord.
Une fois achevé, le projet permettra d’accroître de plus de 50 % la capacité électrique disponible dans le nord du pays. Dans un contexte marqué par les délestages et les coûts élevés de production thermique, l’intégration de Bini à Warak devrait contribuer à stabiliser la tension du réseau, réduire les pertes techniques et soutenir l’installation de nouvelles activités industrielles.
Pour rappel, le chantier initialement lancé en 2017 avait été suspendu en 2018 après le retrait de Sinohydro, l’entreprise chinoise initialement chargée des travaux. Ce désengagement faisait suite au non-paiement par l’État d’une prime d’assurance préalable au déblocage d’un financement de 182 milliards FCFA (277,4 millions d’euros) accordé par la Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC). Depuis, le site est resté à l’arrêt malgré des travaux préparatoires estimés à 20 milliards FCFA. L’arrivée de Savannah Energy en 2023 a permis de relancer le projet.
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Au-delà du Cameroun, Savannah Energy est active sur plusieurs autres fronts en Afrique. Au Niger, l’entreprise développe un portefeuille de projets renouvelables comprenant un parc éolien de 250 MW dans la région de Tahoua et deux centrales solaires totalisant jusqu’à 200 MW dans les zones de Maradi et Zinder. Ces initiatives s’ajoutent à ses opérations pétrolières et gazières au Nigeria, où Savannah détient des actifs majeurs, notamment dans le champ gazier d’Uquo qui alimente près de 17 % de la capacité thermique du pays.
L’entreprise détient également une participation indirecte de plus de 40 % dans la Cameroon Oil Transportation Company (COTco), qui possède et exploite le Cameroon Export Transportation System. Ce réseau comprend un pipeline de 903 km reliant les champs pétroliers du Tchad au terminal de Kribi, ainsi que l’unité flottante de stockage et de déchargement (FSO) de Kome Kribi 1 et les infrastructures associées. Cet ensemble fait de Savannah un acteur clé de l’infrastructure énergétique régionale.
En cédant une partie de sa participation, Savannah Energy ouvre la voie à l’entrée de nouveaux partenaires institutionnels ou privés — notamment européens — désireux d’investir dans des actifs verts en Afrique centrale. Le Cameroun, où le taux d’accès à l’électricité est passé de 63% à 72%, entre 2019 et 2023, selon les statistiques de la Banque mondiale, constitue un marché d’entrée attractif pour les investisseurs à la recherche de projets à long terme à impact environnemental positif.
Pour les autorités camerounaises, ce projet de cession représente une opportunité de renforcer la crédibilité financière du projet et d’en accélérer le bouclage auprès des bailleurs internationaux.
À terme, Bini à Warak devrait contribuer à sécuriser l’alimentation électrique de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, tout en réduisant la dépendance du pays aux centrales thermiques.
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