Côte d’Ivoire : le belge SEAinvest modernise le terminal minéralier d’Abidjan

Espoir Olodo, Agence Ecofin

SEA invest renforce les capacités du port d’Abidjan.
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SEA invest renforce les capacités du port d’Abidjan.
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En Côte d’Ivoire, le manutentionnaire belge SEAinvest a lancé, le 12 mars dernier, un nouveau plan pour moderniser les installations au niveau du terminal minéralier du Port autonome d’Abidjan dont il est le concessionnaire.
D’après les détails relayés par les médias locaux, cette opération verra le groupe injecter 20 milliards FCFA (30,5 millions d'euros) dans l’acquisition de deux nouvelles barges de capacité supérieure à la flotte actuelle, ainsi que de deux trémies équipées de systèmes de captation de poussière pour le déchargement des matières premières destinées à l’industrie cimentière.
Une première vague de matériels, dont des grues d’un coût d’environ 8 milliards FCFA, a déjà été livrée et doit renforcer le chargement et le déchargement des navires vraquiers transportant gypse, calcaire ou clinker.
Pour SEAInvest, présent à Abidjan depuis 2009 via la gestion conjointe d’un terminal fruitier et du terminal minéralier, cet investissement vise à répondre aux besoins logistiques d’un secteur minier en pleine expansion.
Dans la première économie de l’UEMOA, les données officielles montrent que la part du secteur minier dans le produit intérieur brut est passée d’environ 1% il y a une dizaine d’années à près de 5% aujourd’hui, tandis que les produits miniers représentent désormais près de 13% des exportations nationales.
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Une telle montée en puissance exige la mise à niveau des infrastructures portuaires pour absorber des volumes croissants de l’industrie nationale.
En se dotant de barges de plus grande capacité, d’outils de manutention plus rapides, l’opérateur améliore à la fois la productivité, la compétitivité et la performance environnementale du terminal minéralier.
Cela lui permet de mieux répondre aux attentes des compagnies minières et industriels du secteur cimentier, qui dépendent d’importations régulières de matières premières comme le clinker ou le gypse. Audelà des nationaux, l’investissement de SEAinvest lui offre la possibilité de capter une part plus importante des flux miniers régionaux. Le Mali cherche à sécuriser ses corridors d’exportation, en particulier pour de nouveaux produits comme le lithium. Plusieurs compagnies minières y préparent l’entrée en production de projets d’envergure et regardent vers la Côte d’Ivoire comme point de transit.
Le groupe chinois Ganfeng Lithium, qui a démarré des expéditions de concentré de lithium en 2025, a déjà annoncé son choix du port d’Abidjan comme hub logistique pour ses expéditions sur le marché international.
Plus globalement, ce renforcement devrait contribuer à l’amélioration du positionnement du port d’Abidjan qui s’impose comme une plateforme incontournable dans l’architecture portuaire ouestafricaine. Selon les données officielles, la plateforme a enregistré une croissance record de 17% de son trafic global net en 2025 pour atteindre 46,6 millions de tonnes.
S’agissant du trafic de conteneurs, celuici a atteint plus de 1,7 million d’EVP traités durant l’année écoulée. Un volume en hausse de 3,1% sur un an qui permet au port de dépasser pour la deuxième année consécutive le seuil du million de conteneurs.
Les autorités portuaires visent désormais les 2 millions d’EVP à l’horizon 2027, avec l’ambition d’intégrer durablement le classement des 100 premiers ports à conteneurs au monde. Le port, qui voit transiter plus de 70 % des échanges extérieurs de la Côte d’Ivoire, joue aussi un rôle de corridor stratégique pour les pays sans façade maritime de l’hinterland, notamment le Burkina Faso et le Mali.
Le transit a atteint 3,91 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 34,9% par rapport à l’année précédente. Pour le Burkina Faso, les volumes ont progressé de 15%, alors que pour le Mali, les flux ont bondi de 83,1%. Le trafic s’est chiffré à 1,5 million de tonnes en 2025 contre 0,8 million de tonnes un an plus tôt.
Espoir Olodo, Agence Ecofin
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