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Myrtilles : troisième producteur africain, le Zimbabwe teste ses ambitions sur le marché chinois

Photo de Louis-Nino Kansoun

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Publié le 08 juillet 2026 à 17:34

Le Zimbabwe est le troisième producteur africain de myrtilles, après le Maroc et l’Afrique du Sud.

Le Zimbabwe est le troisième producteur africain de myrtilles, après le Maroc et l’Afrique du Sud.

Photo DR

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Baie riche en antioxydants, la myrtille s'impose comme produit à forte valeur sur les marchés internationaux, portée par la demande de fruits perçus comme bénéfiques pour la santé. Pour le Zimbabwe, qui développe rapidement cette culture d’exportation, l’ouverture du marché chinois représente une opportunité, mais aussi un test de compétitivité.

Le Zimbabwe a commencé à exporter des myrtilles vers la Chine. L’annonce a été faite début juillet par le Horticultural Development Council (HDC), l’organisme représentant la filière horticole zimbabwéenne. Cette première expédition survient moins d’un an après la conclusion d’un protocole sanitaire et phytosanitaire entre Harare et Pékin.

Du feu vert chinois aux premières cargaisons

L’accès au marché chinois était attendu par la filière. En septembre 2025, le HDC avait présenté le protocole d’accord phytosanitaire comme une étape importante pour les producteurs locaux, en expliquant qu’il ouvrait la voie à l’un des marchés de myrtilles les plus dynamiques au monde.

« Cet accord constitue un jalon pour le secteur horticole zimbabwéen. Il est maintenant nécessaire de collaborer afin de concevoir des politiques qui favorisent l’investissement, augmentent la production pour atteindre les volumes requis et garantissent que nos myrtilles répondent aux normes strictes de qualité et phytosanitaires de la Chine », a déclaré Linda Nielsen, directrice générale du HDC.

Le pays veut maintenant transformer cette autorisation en flux commerciaux réguliers. « Désormais, le travail consiste à accroître la production et à tester les meilleures routes d’approvisionnement vers cet immense nouveau marché », a déclaré cette semaine le HDC, selon des propos relayés par Reuters.

Pourquoi la Chine attire la filière zimbabwéenne

Les premiers pas du Zimbabwe sur le marché chinois des myrtilles arrivent alors que Pékin est devenue une destination de plus en plus recherchée par les producteurs. Les importations chinoises de ce fruit sont passées de 184,3 millions USD (environ 161,24 millions d'euros) en 2020 à près de 355 millions USD (près de 310,6 millions d'euros) en 2024, selon les données relayées par Agence Ecofin.

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Cette progression s’explique par l’intérêt croissant des consommateurs pour les fruits frais à forte valeur nutritionnelle et par l’essor d’une classe urbaine prête à payer pour des produits importés.

Pour Harare, troisième producteur africain de myrtilles après le Maroc et l’Afrique du Sud, l’objectif est de diversifier les débouchés. Les principaux marchés des myrtilles zimbabwéennes sont pour le moment les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Afrique du Sud, Hong Kong, la Malaisie, Singapour et les Émirats arabes unis.

Un marché exigeant et concurrentiel

Si la Chine est une destination de taille pour les producteurs zimbabwéens, le marché chinois est déjà dominé par des fournisseurs bien établis. En 2024, le Pérou et le Chili représentaient l’essentiel des achats chinois de myrtilles. Pour faire face à cette concurrence, le Zimbabwe dispose d’atouts. Ses conditions climatiques permettent une production en plein champ avec des rendements intéressants. Elles peuvent aussi aider les producteurs à arriver tôt sur certains marchés, un avantage important pour un fruit frais dont le prix dépend fortement de la saison, de la qualité et de la disponibilité.

Toutefois, la filière doit aussi composer avec ses propres contraintes. Le HDC a déjà pointé le coût élevé du financement, l’accès limité au crédit à long terme et les règles obligeant les exportateurs à convertir une partie de leurs recettes en monnaie locale. Les producteurs demandent également des mesures fiscales et douanières pour réduire le coût des intrants et soutenir les investissements.

Le Zimbabwe devra donc prouver qu’il peut livrer des volumes réguliers, respecter les normes chinoises et tenir face à la concurrence. Le défi est d’autant plus réel que d’autres producteurs africains continuent aussi de se développer. D’après les données présentées en novembre dernier par l’International Blueberry Organization, les surfaces plantées en Afrique ont augmenté de 376% en dix ans. Au-delà du Zimbabwe, de l’Afrique du Sud ou encore du Maroc, des pays comme le Kenya et la Namibie cherchent aussi à mieux se positionner sur le marché mondial.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

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