Zimbabwe : le FMI valide les premiers progrès vers la restructuration de la dette

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Zimbabwe fait des efforts pour restaurer sa crédibilité économique dans le cadre du programme de suivi du FMI.
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Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Le Zimbabwe fait des efforts pour restaurer sa crédibilité économique dans le cadre du programme de suivi du FMI.
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Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir conclu un accord au niveau des services avec les autorités zimbabwéennes sur la première revue de leur programme de suivi (Staff-Monitored Program, SMP) de dix mois. L'accord, qui doit encore être approuvé par la direction de l'institution, constitue « une étape importante dans la consolidation des récents acquis de la stabilisation et dans la constitution d'un historique de réformes en vue de l'apurement des arriérés, de la restructuration de la dette et du réengagement avec la communauté internationale ».
Cette première revue intervient un peu plus de trois mois après l'approbation, en mars 2026, du programme de suivi. Dépourvu de financement, ce mécanisme permet au FMI d'évaluer la capacité d'un pays à appliquer un programme de réformes économiques. Pour Harare, il s'agit d'une étape indispensable avant toute négociation sur le règlement de ses arriérés extérieurs et la restructuration de sa dette. Le précédent programme de ce type, lancé en 2019, n'avait pas été mené à son terme.
Elle intervient également dans un contexte politique sensible. Le président Emmerson Mnangagwa a promulgué, ce 7 juillet 2026, une révision constitutionnelle qui prolonge son mandat de deux ans, jusqu'en 2030, repousse les prochaines élections générales de 2028 à 2030 et prévoit que les futurs chefs de l'État seront élus par le Parlement plutôt qu'au suffrage universel direct. Contestée par l'opposition et plusieurs organisations de la société civile, cette réforme intervient alors que le gouvernement cherche parallèlement à convaincre ses partenaires internationaux de la crédibilité de son agenda de réformes économiques.
Le FMI estime que la mise en œuvre du programme jusqu'à fin mars 2026 a été satisfaisante. Tous les objectifs quantitatifs ont été atteints, qu'il s'agisse du solde budgétaire primaire, des réserves internationales, du financement de l'État par la Banque centrale, du plafonnement des nouveaux emprunts extérieurs non concessionnels ou encore de la croissance de la base monétaire libellée en ZiG.
Le seul objectif non atteint concerne les dépenses protégées consacrées aux priorités sociales. Selon l'institution, cette contre-performance souligne « la nécessité d'améliorer l'exécution budgétaire et de garantir un soutien rapide aux groupes les plus vulnérables ».
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Le principal objectif structurel fixé à fin mars, portant sur l'amélioration du registre des contribuables, a en revanche été rempli. Les autorités progressent également vers les autres réformes prévues d'ici septembre.
Le FMI salue par ailleurs les bonnes performances budgétaires enregistrées au premier trimestre, soutenues par une collecte fiscale robuste et une exécution prudente des dépenses. Il recommande néanmoins de poursuivre le renforcement de la gestion des finances publiques et l'apurement des arriérés intérieurs afin de préserver la crédibilité budgétaire.
Selon le FMI, l'économie zimbabwéenne continue de résister à un environnement international plus difficile, marqué notamment par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les prix des carburants, des engrais et des transports.
Après une croissance de 8,3% en 2025, portée par le rebond de l'agriculture, le dynamisme du secteur minier et la hausse des cours de l'or, le PIB devrait progresser d'environ 5% en 2026, tandis que l'inflation resterait limitée à 5,1% en moyenne grâce à une politique monétaire restrictive et à une relative stabilité du taux de change.
Le compte courant devrait demeurer excédentaire, soutenu par les exportations minières, agricoles et les transferts de la diaspora, contribuant au renforcement des réserves de change.
Le FMI invite la Banque de réserve du Zimbabwe à maintenir cette orientation monétaire jusqu'à un ancrage durable des anticipations d'inflation. Il soutient également les projets de libéralisation progressive du marché des changes.
Les perspectives restent toutefois exposées à plusieurs risques. Le FMI prévoit un ralentissement de la croissance à 4,2% en 2027, mais estime qu'un épisode d'El Niño pourrait ramener celle-ci entre 2% et 3%. Une aggravation du conflit au Moyen-Orient constituerait également un facteur de vulnérabilité.
Enfin, l'institution souligne que la poursuite des réformes, la réconciliation des données sur la dette et l'élaboration d'une stratégie crédible d'engagement avec les créanciers seront déterminantes pour la poursuite du processus de normalisation financière du Zimbabwe.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin