Luanda et Madrid ont conclu un mécanisme de financement destiné aux petites entreprises angolaises. Les crédits devront toutefois servir à acquérir des équipements et des intrants espagnols, donnant à l’accord une double portée : soutenir la diversification de l’Angola, tout en ouvrant de nouveaux débouchés aux entreprises ibériques.
L’Angola et l’Espagne renforcent leur coopération économique autour du financement des micro, petites et moyennes entreprises (MPME). Une ligne de crédit leur étant destinée a été actée le mercredi 22 juillet entre le ministère angolais des Finances et l’Institut de crédit officiel espagnol (ICO).
L’accord a été paraphé par Ottoniel dos Santos, secrétaire d’État angolais aux Finances publiques, et Fernando Salazar, président de l’ICO. Selon le ministère angolais des Finances, les entreprises bénéficiaires pourront obtenir des prêts auprès de banques commerciales partenaires. Ces ressources serviront à financer l’achat d’équipements, de technologies, de matières premières, et d’autres intrants auprès de fournisseurs espagnols.
Un financement adossé aux exportations espagnoles
Présenté comme un outil de modernisation du tissu productif angolais, le mécanisme répond ainsi à deux objectifs complémentaires. Il doit accroître les capacités d’investissement des MPME locales, mais également sécuriser des commandes pour les entreprises espagnoles en liant l’utilisation des crédits à leurs biens et services.
Pour Madrid, l’opération offre un point d’entrée supplémentaire sur un marché où la demande en équipements industriels, technologies et intrants demeure importante. Pour Luanda, elle permet de mobiliser des financements extérieurs au profit d’entreprises encore largement contraintes par le coût du crédit local.
Les taux d’intérêt élevés, les garanties exigées par les banques, la lourdeur de certaines procédures et la faible couverture des services financiers hors des grands centres urbains continuent en effet de limiter l’accès des petites entreprises aux ressources de long terme. Dans ce contexte, le succès de la nouvelle ligne dépendra notamment des conditions proposées par les banques partenaires, des critères d’éligibilité et de la capacité des entreprises angolaises à supporter le coût des importations.
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L’absence d’informations sur l’enveloppe financière empêche, à ce stade, d’en mesurer la portée réelle. Elle ne permet pas non plus de déterminer le nombre d’entreprises susceptibles d’en bénéficier ni les secteurs qui seront prioritairement ciblés.
Les PME au cœur de la diversification hors pétrole
L’accord s’inscrit dans la stratégie engagée par Luanda pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures. Le pétrole représente encore environ 20% du produit intérieur brut, 60% des recettes fiscales et 95% des exportations, selon la Banque mondiale. Cette concentration expose l’activité économique et les finances publiques aux variations des cours internationaux.
Les autorités misent donc davantage sur les MPME pour développer les chaînes de valeur dans l’agriculture, l’agro-industrie, la logistique, les services et l’industrie manufacturière. Cette ambition est notamment portée par le projet « Diversifica Mais », d’une valeur de 300 millions de dollars, soit environ 263 millions d'euros, soutenu par la Banque mondiale et mis en œuvre sur la période 2024-2029.
Le programme vise à accroître l’investissement privé et la croissance des petites entreprises dans les filières non pétrolières, particulièrement le long du corridor de Lobito.