Aviculture : les exportateurs américains de maïs s’intéressent aux marchés guinéen et ivoirien

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Mission commerciale de l’USGBC auprès des acteurs de l’aviculture en Afrique de l’Ouest.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Mission commerciale de l’USGBC auprès des acteurs de l’aviculture en Afrique de l’Ouest.
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Le marché agricole ouest-africain continue d’attirer les exportateurs américains. Plus tôt en juillet, des représentants de l’U.S. Grains & BioProducts Council (USGBC), l’organisme américain chargé de promouvoir les exportations de maïs, d’orge, de sorgho et de leurs coproduits, ont mené des missions commerciales en Guinée et en Côte d’Ivoire.
Cette tournée visait à identifier de nouveaux débouchés pour les céréales américaines et à approfondir les relations avec les industriels de l’alimentation animale, en particulier dans l’aviculture.
Dans cette industrie en plein essor, portée par une demande croissante en protéines animales, ces deux pays suivent des trajectoires différentes, mais chacun offre des opportunités commerciales pour les exportateurs américains.
En Guinée, la priorité est de bâtir une filière avicole afin de réduire la dépendance du pays aux importations de viande de volaille. Le gouvernement a présenté en juin une stratégie nationale de développement de l’aviculture pour la période 2026–2030, d’un coût global de 5 124 milliards de francs guinéens, soit environ 512 millions d'euros.
Cette feuille de route met l’accent sur plusieurs leviers : renforcement de l’alimentation animale, amélioration des conditions sanitaires et biosécurité, afin de parvenir à une autosuffisance en viande de volaille et en œufs d’ici 2030, alors qu’actuellement 80 % des besoins sont couverts par les importations.
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La Côte d’Ivoire suit une logique différente. Dans la première économie de l’UEMOA, la filière avicole est déjà mieux structurée et plus avancée, mais elle cherche encore à monter en puissance. Abidjan vise à presque doubler sa production annuelle de viande de poulet, avec un objectif de 200 000 tonnes à l’horizon 2030, contre 114 000 tonnes en 2024, selon l’interprofession avicole du pays (Ipravi).
La Côte d’Ivoire attire déjà des acteurs du secteur. Le néerlandais De Heus a annoncé en septembre 2025 son intention de construire une nouvelle unité de production d’aliments pour animaux à Korhogo, dans le nord du pays. Dans le même mois, la Société ivoirienne de productions animales (SIPRA), leader national de la filière, a levé 23,5 millions $ auprès du fonds norvégien Norfund pour renforcer ses capacités de production, notamment dans les aliments pour bétail et volailles.
Dans ce contexte, les acteurs américains entendent se positionner pour tirer pleinement profit des flux d’importation de céréales, dans un environnement où les besoins en matières premières pour l’alimentation animale augmentent aussi bien en Côte d’Ivoire, qui cherche à se consolider, qu’en Guinée, où l’industrie est en mutation. Le maïs, principal ingrédient stratégique dans la fabrication des aliments pour volailles, constitue un marché stratégique, d’autant plus qu’en Guinée et en Côte d’Ivoire, la production locale reste insuffisante.
Cette prospection en Guinée et en Côte d’Ivoire s’inscrit dans une offensive commerciale américaine plus large en Afrique de l’Ouest. Les États-Unis veulent renforcer leur présence dans les chaînes de valeur agroalimentaires de la région, non seulement à travers le maïs, mais aussi via les céréales secondaires, les coproduits de transformation et les produits animaux.
L’objectif est de capter une part croissante de marchés en expansion, au moment où les pays ouest-africains cherchent à moderniser leur agriculture et à sécuriser leur approvisionnement alimentaire.
En juin dernier, le Service des affaires étrangères du Département de l’Agriculture (USDA) a annoncé l’organisation d’une mission commerciale agroindustrielle au Ghana du 22 au 25 septembre prochain.
« Cette mission au Ghana est une occasion de présenter aux acheteurs de toute l’Afrique de l’Ouest les produits de la plus haute qualité que les agriculteurs, éleveurs et producteurs américains ont à offrir », avait indiqué l’organisme.
Espoir Olodo, Agence Ecofin